WorldPride New York 2019 / Stonewall 50

Tout simplement mémorable

Yves Lafontaine
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WorldPride  New York 2019
Des membres du Oslo Fagottkor, une chorale gaie norégienne
La délégatiion de Fierté montréal aux couleurs de l’édition 2019
Plus de 400 000 ont marché
Les rapprochements étaient nombreux...
  • WorldPride  New York 2019
  • Des membres du Oslo Fagottkor, une chorale gaie norégienne
  • La délégatiion de Fierté montréal aux couleurs de l’édition 2019
  • Plus de 400 000 ont marché
  • Les rapprochements étaient nombreux...

La WorldPride a célébré à New York, fin juin, les 50 ans des émeutes de Stone-wall de multiples façons. Le rédacteur en chef de Fugues y était...

 
Le Maire de New York, Bill Blasio et sa femme Chirlane McCray, auteure,  journaliste et... militante lesbienne.

Le Maire de New York, Bill Blasio et sa femme Chirlane McCray, auteure, journaliste et... militante lesbienne.


Le défilé du Gay Pride de New York est toujours spectaculaire, mais celui de cette année l’était particulièrement. À anniversaire historique, foule historique.
 
La marche gigantesque a débuté à midi sur la 5e avenue et s’est terminée un peu avant 22h, sur la 7e avenue dans Chelsea, après un détour dans Greenwich Village pour passer devant le légendaire Stonewall Inn, sur la Christopher Street. Plus de 400 000 personnes ont intégré l’un des 695 groupes officiellement inscrits pour prendre part au défilé (dont plus de 150 provenaient de l’extérieur des États-Unis, selon les chiffres fournis par les organisateurs). Tout au long du parcours, environ 4 millions de personnes s’étaient massés pour regarder, applaudir et chanter dans la joie. 
 
De loin la plus importante marche de la fierté a avoir eu lieu dans le monde à date.  Beaucoup d’étrangers, dans le défilé ou dans la foule, et parmi eux des québécois dont plusieurs montréalais avaient fait le déplacement pour vivre ce moment historique. Une délégation de Fierté Montréal a pris part à la marche afin de mousser la candidature de Montréal pour le WorldPride de 2023.  Outre les innombrables groupes communautaires (de l’organisme pour jeunes queer sans abris racisés, à l’association des avocats défendant des LGBT réfugiés latinos-américains, en passant par les  groupes d’employés LGBTQ de grandes entreprises ou de divers départements gouvernementaux, les politiciens, locaux, régionaux et nationaux (et leurs partisans), sans compter les commerces LGBT, les vétérans de l’armée, les groupes sportifs amateurs ou professionnels et j’en passe, sans compter les quelques 70 entreprises commanditaires du défilé cette année. 
 
 
L’arc-en-ciel dans toutes ses dimensions a flotté tout au long du défilé

L’arc-en-ciel dans toutes ses dimensions
a flotté tout au long du défilé

On pu y apercevoir un nombre invraisemblable personnalités connues, issues des milieux de la mode (Mark?Jacobs et Donnatella Versace et plus d’une douzaine de top modèles sur différents chars), de la chanson (Ginger Minj, Deborah Cox) et de la finance (le miliardaire Richard Branson). Des vedettes du cinéma ou de la télé, notamment la distribution partielle ou complète de plusieurs populaires séries télés où l’ont compte des personnages ou des acteurs ouvertement LGBT dont Pose, Tales of the City, Star Trek Discovery  et L Word : Generation Q.  J’ai croisé une partie des «Fab Five» de l’émission Queer Eye: Tan France, Antoni Porowski et Jonathan Van Ness dont la jupe arc-en-ciel a rendu jaloux pas mal de festivaliers admiratifs, ainsi que le skieur Gus Kenworthy, à qui de nombreux fans voulaient absolument serrer la main ou se faire photographier à ses côtés. De nombreux manifestants  dénonçaient les politiques de l'administration Trump, depuis les attaques contre    l'avortement à la séparation des familles de migrants à la frontière mexicaine, en passant par les menaces contre les droits des transgenres.
 
Une connaissance, habituée de la Gay Pride sur la 5e avenue, me dit qu’elle n’avait jamais vu tant de monde, tant de sourires. «Tout le monde porte de la couleur, les hétéros et les gais, les Noirs, les Blancs, toutes les religions… Tout le monde est là dans une belle harmonie, une diversité qui fait plaisir à voir… Et les policiers, regarde comme ils ont l’air heureux ! À Montréal, vous êtes peut-être habitué à ça, mais à New York, ça mérite d’être souligné...» Partout, le spectacle est sur la chaussée, pour le défilé, mais aussi derrière les barrières dans la foule qui a vraiment l’esprit à la fête, aux échanges et aux rapprochements.  
 
Lady Gaga a participé à non pas un ou deux évéenemnts de la fierté à New York, mais à une demie-douzaine
Lady Gaga a participé à non pas un
ou deux évéenemnts de la fierté à New York, mais à une demie-douzaine
Outre le défilé ( plus un village communautaire / foire commerciale, des spectacles et des partys) la journée du dimanche 30 juin clôturait un mois de célébrations, où se sont succédés plusieurs centaines d’événements de commémoration, de célébrations. Presque tout ce qui compte, côté musique et showbusiness, de Madonna et Lady Gaga en passant par Woopy Goldberg, Ciara, Cindy Lauper, Jake Shears, Mellissa Etheridge, Margaret Cho, Chakan Khan, Grace Jones, Todrick Hall, les drags de RuPaul et Cie... ont été d’un ou de plusieurs spectacles en juin. Sans compter les conférences, les galas, les partys de toutes les dimensions imaginables ou les événements de levée de fonds, tous soutenus par de grandes entreprises ou des médias LGBT ou nationaux, pour presque toutes les organisations LGBT qui existent aux États-Unis (j’exagère à peine). On dit souvent que New York est le centre du monde, mais en juin dernier, ça l’était vraiment!
 
Malgré toute cette demesure, il était possible d’apprécier la ville et de visiter les lieux historiques LGBT. J’en ai profité pour faire mon pélérinage au Centre communautaire, entièrement rénové depuis ma dernière visite à New York, ainsi que le monument national à Stonewall et le Aids Memorial de New York.