Montréal ville candidate

Fierté Montréal en route vers le WorldPride de 2023

André-Constantin Passiour
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Lorsque vous ouvrez la page web de Fierté Montréal, on ne peut pas manquer la petite bande aux couleurs de la bannière arc-en-ciel en entête qui annonce «WorldPride Montréal 2023 – Ville candidate»! Il n’y a pas à s’y tromper, Fierté Montréal est engagée à fond dans le projet d’accueillir la WorldPride en 2023 dans la métropole. 

Cette année, c’est la Grosse Pomme qui accueillait, fin juin, cet événement mondial en raison du 50e anniversaire des émeutes de Stonewall, tandis que Copenhague recevra ce festival en 2021. Déjà à pied d’œuvre, les responsables de Fierté Montréal recueillent les appuis et pensent fermement qu’il est possible d’obtenir pour Montréal cet événement d’envergure internationale et ce, même si la ville australienne de Sydney et celle de Houston au Texas sont en lice…

«Oui, nous sommes confiants de l’emporter, cela fait déjà un an qu’on travaille là-dessus», dit tout bonnement le jovial Éric Pineault, le président de Fierté Montréal. Dans un imposant cahier de candidature, on peut y voir, entre autres, les appuis des premiers ministres du Canada et du Québec, Justin Trudeau et François Legault, ainsi que de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. «Le cahier final qui sera envoyé à InterPride à la mi-juillet comportera toutes les lettres d’appuis, et il y en a des centaines, les membres votants les auront toutes», rajoute Jean-François Perrier, le directeur de la production – graphique, web et imprimé chez Fierté Montréal.

Pour ceux et celles qui ne savent pas comment cela fonctionne, c’est assez simple: l’organisation appelée InterPride, qui rassemble près de 300 comités de la Fierté à travers le monde, se rencontrera en congrès du 17 au 20 octobre prochain à Athènes et décidera quelle sera la ville hôtesse de la WorldPride de 2023. Ce sont les quelque 300 membres votants qui auront ainsi la responsabilité de choisir cette destination. Pour la première fois dans l’histoire cette organisation, on permettra le vote électronique.

Mais est-ce réellement possible pour Montréal de l’obtenir? «En 2017, avec la première édition de Fierté Canada, nous avons eu une belle expérience avec la conférence internationale sur les droits LGBT avec plus de 500 participants provenant de partout. Déjà là, nous avions démontré que Fierté Montréal était plus que capable d’organiser une conférence d’envergure internationale. Donc, les délégués des comités de la Fierté seront sécurisés de savoir qu’une organisation comme Fierté Montréal est solide et peut mettre sur pied des activités d’ordre international», de poursuivre Éric Pineault.

Mais il y a plus encore. Fierté Montréal ne s’occupe pas que d’offrir des dizaines et des dizaines d’activités chaque année aux Montréalais et aux visiteurs, elle appuie aussi les droits LGBT à travers le monde par des actions concrètes comme d’aller en Asie, et particulièrement au Laos au printemps de 2019, en Inde, au Kenya, en Ukraine, en Lettonie et ailleurs. «Les gens de l’InterPride savent qu’on peut organiser des événements majeurs, mais ils savent aussi, à travers nos actions, ce qu’on peut apporter au mouvement LGBT avec la WorldPride de 2023 et les appuis qu’on continue d’offrir aux comités où il y a encore de la discrimination […]», continue Jean-François Perrier. «Parfois, on a été en terrain carrément hostile», se remémore Éric Pineault. Leur visite à Kiev, il y a quelques années, avec des objets et des bouteilles lancées par des militants d’extrême droite sur les quelques centaines de participants à la marche de la Fierté avait marqué les membres de Fierté Montréal de façon indélébile…

En termes de chiffres, qu’est-ce que cela représente maintenant?

En 2018, le nombre d’entrées étaient de 2,1 millions de personnes, on en attend près de 4,5 millions pour 2023; les visiteurs uniques étaient au nombre de 248 995 en 2018, on en prévoit deux fois plus pour 2023, soit 500 000; les nombres de nuitées d’hôtels comptaient pour 130 004 en 2018 et, encore là, on en espère à plus de 210 000 en 2023. Le défilé de l’an dernier avait attiré plus de 300 000 spectateurs et 9 500 participants alors que, la veille, la Journée communautaire, avait vu une foule estimée à 90 000 personnes déambulant sur la rue Sainte-Catherine afin de visiter les quelque 149 kiosques diversifiés. On peut s’imaginer aisément la scène en 2023 avec des visiteurs d’un peu partout au monde et des spectacles aussi de calibre international! Ainsi, le budget établi pour la WorldPride est de l’ordre de 12 M$ US soit 15 M$ CA.

Et les autres villes sont-elles de sérieuses compétitrices?

C’est la question que tout le monde se pose. «La candidature de Houston est un peu molle et, cette année c’est New York qui reçoit la WorldPride donc, on ne pense pas que les représentants voteraient pour un retour aux États-Unis aussi tôt, indique le président de Fierté Montréal, Éric Pineault. Mais c’est vrai aussi que le Mardi Gras de Sydney est reconnu comme un événement très festif et exotique.»

«Sydney est bien connue pour son festival, mais c’est éloigné, donc est-ce que des Nord-Américains ou des Européens voudront s’y déplacer en grand nombre? – car on ne peut pas y aller que pour un week-end – ça, c’est la question», s’interroge Jean-François Perrier, le directeur de production chez Fierté Montréal. 

«De plus, en 2023, nous fêteront les 20 ans de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (créée à Montréal par la Fondation Émergence). Donc c’est un autre point que nous allons défendre [dans notre candidature]», de dire Éric Pineault.

Le 19 octobre, lors de l’assemblée générale annuelle d’InterPride, Fierté Montréal fera la présentation formelle de sa candidature aux membres présents. «Nous serons nombreux à Athènes afin d’appuyer notre candidature et il y aura des surprises», souligne Éric Pineault. Puis, c’est le lendemain, le 20 octobre, que l’on saura quelle ville sera du goût des délégations! «Mais nous sommes confiants, très confiants de l’emporter», de noter pour sa part Jean-Sébastien Boudreault, le vice-président de Fierté Montréal.