Mercredi 14 août – Fierté Montréal

Queerlesque, quand le burlesque devient queer

Julie Vaillancourt
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Rosie Bourgeoisie
Photo prise par © Trina Carey Photography

Le 14 août prochain, celle qui figurait dans le top 5 des meilleures performances burlesques de 2018 (selon Cult MTL), Rosie Bourgeoisie, offrira le spectacle Queerlesque lors des célébrations de Fierté Montréal. En six ans de métier, la pin-up montréalaise vintage ronde militante queer de 29 ans a foulé les planches du Café Cléopâtre et du Wiggle Room, sans compter une performance lors de Fierté l’an dernier. 

À quoi les gens peuvent s’attendre du spectacle Queerlesque?

J’avais envie de proposer à Fierté un spectacle de burlesque complet. Ce sera avec des artistes queer de Montréal. C’est important pour moi de prôner la diversité des gens de différentes cultures, formes et styles de burlesque (classique, néo, comique). Ce sera haut en couleur! 

Tu seras accompagnée d’une belle brochette d’artistes, dont Bunny Valentin, Bobby Ananass, Cici Garette, Grant Canyon, qui possèdent d’ailleurs tous des noms d’artistes originaux. Comment en es-tu venue à trouver le tien?

Je voulais un prénom et un nom de famille. Puis, amener un univers, une atmosphère, dès qu’on le prononce. Rosie pour le côté pastel et Bourgeoisie pour aller avec mon tag line: opulent, over the top. Je suis classique dans le look mais pas nécessairement dans mes performan-ces, qui sont à la fois comiques, dramatiques, provocantes, avec un message politique. Bourgeoisie, c’est aussi contre l’embourgeoisement.

Une réappropriation du terme. Justement, comment s’inscrit ton militantisme à travers ton art?

Juste d’occuper la scène, en tant que personne queer, grosse, c’est déjà important pour moi. Ça procure une visibilité, car nous n’en avons pas assez dans les médias. C’est aussi pourquoi je suis très active sur les médias sociaux. Juste le fait d’être une personne grosse qui se déshabille, qui prend de la place et qui est sexy, c’est le contraire de ce que la majorité des gens voient dans la société.

Le burlesque participe ainsi à changer les choses, notamment la perception sociale du corps de la femme...

Tout à fait! Et aussi des personnes, en général. Moi, j’ai un corps féminin, mais je m’identifie comme genderfuck, surtout dans mes performances. J’aime choquer, sans être grotesque.

Tu joues sur le mélange des genres dans tes performances, notamment avec ton alter ego nommé Genderfuck. Est-ce qu’il viendra faire un tour au spectacle?

J’ai certains numéros qui sont plus genderfuck, j’ai un personnage de drag-king, des numéros avec moustache. Même si ce n’est pas un personnage différent de Rosie, je pense que le message genderfuck est quand même là dans mes performances. Je l’ai incorporé à mon nom, car j’ai développé un aspect différent lors de mes performances. J’ai réalisé que je n’ai pas besoin d’être complètement à l’opposé de ce que Rosie Bourgeoisie est, pour être genderfuck, avoir un message et provoquer. Juste être moi, c’est assez! 

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QUEERLESQUE, spectacle gratuit présenté le MERCREDI 14 août, de 20h à 22h, sur la scène de l’Espace Casino de Montréal. Outre Rosie Bourgeoisie, on y verra Bunny Valentin & Bobby Ananass, Cici Garette, Gigi Marx, Grant Canyon, Honey Dynamite, Honey Lustre, La Gourmande, Samsara Brown (Miss Enchanté), Queeny Ives, Them.Cee Shecteroni, Talia della Crema. www.fierte.com