Cercle de discussion LGBTQ+

DISCUSSIONS ET PLUS SI AFFINITÉS…

Denis-Daniel Boullé
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Groupe de discutions
Alexandre SAvoie
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Solitude, difficulté à rencontrer et à partager avec d’autres personnes LGBTQ ou simplement plaisir de se retrouver autrement que virtuellement ou dans des bars, plusieurs LGBTQ aimeraient un lieu où échanger avec les «leurs», dans une ambiance calme, respectueuse et sans jugement. C’est ce que Réal Ménard, ex-député, et ex-maire d’arrondissement, Juan Vazquez et Alexandre Savoie ont décidé de mettre sur pied dès le mois de septembre avec deux rencontres par mois.

Réal MénardLe constat s’est fait normalement selon Réal Ménard. «Par ma propre expérience, d’une part, et en discutant de façon informelle avec d’autres gars. Je me suis rendu compte qu’il existait une grande solitude parmi les gars et qu’elle ne touchait pas seulement les plus âgés, nous confie-t-il en entrevue, et je pense qu’elle doit toucher aussi d’autres catégories de nos communautés, comme les lesbiennes et les personnes transgenres». Un constat confirmé aussi par la littérature. Et même si les lieux où les LGBTQ sont plus nombreux, que beaucoup utilisent les applications de rencontre, il semblerait qu’une partie des LGBTQ, ne s’y retrouvent pas complètement.
 
Réal Ménard, comme beaucoup, utilise les réseaux sociaux et les applications de rencontre mais considère qu’il y a deux faces à cette médaille. «J’y vois un phénomène positif et un phénomène pervers, explique-t-il. Le phénomène positif est que lorsque tu te sens seul, tu peux être rapidement mis en contact avec quelqu’un. Le phénomène pervers ou négatif, c’est que c’est centré sur la sexualité; cela peut dissuader l’engagement car il y a un tel choix que ceux qui le veulent ont du mal à s’engager. Le Cercle de discussion peut au-delà des échanges amener à de réelles amitiés, voire à des rencontres amoureuses.»
 
D’ailleurs, Alexandre Savoie, un jeune trentenaire, l’un des deux qui s’est associé à Réal Ménard pour cette initiative, est parti du même constat. «Il y a le Village pour prendre un verre ou manger au restaurant avec des amis, mais ce sont toujours des lieux de consommation, pour se distraire, pour s’amuser, mais parfois sans développer de réelles relations», explique Alexandre Savoie.Les deux hommes se fondent aussi sur des statistiques - environ 47% de la population canadienne serait célibataire ou seule - et sur des initiatives plus emblématiques, comme la création d’un Ministère de la solitude en Grande-Bretagne. Et ce, toute orientation sexuelle et identité de genre confondues.
 
uan VazquezAutre point avancé par Alexandre Savoie, la méconnaissance des différentes composantes de nos communautés. «Je me suis rendu compte qu’en fait, je ne connaissais pas de lesbiennes, de personnes trans, de bisexuel.les, que je ne connaissais pas leur réalité alors que nous faisons partie des minorités sexuelles». Lieu d’échanges, lieu de partage, le Cercle de discussion serait aussi une meilleure opportunité d’en apprendre plus sur celles et ceux qui composent aujourd’hui l’arc-en-ciel.
 
Le Cercle de discussion en est à ses premiers pas. S’il s’ins-pire du défunt GDM (Groupe du mercredi) que les anciens ont bien connu, il s’en distinguera dans la forme. Il sera ouvert à toutes et tous et pas seulement aux gais, et il évoluera en fonction de celles et ceux qui s’y engageront. « Nous souhaitons que des hommes et des femmes s’impliquent pour animer, faire grandir et évoluer ce Cercle de discussion, avance Réal Ménard, ils et elles recevront une formation d’animateurs-trices et pourront ainsi assurer une des deux rencontres chaque mois». Une rencontre est d’ailleurs prévue le 13 août prochain à la Corporation de développement communautaire du Centre-Sud, au 2187, rue Larivière.
 
Dès le mois de septembre, le Cercle de discussion s’ouvrira à ces premières rencontres, dans les locaux, prêtés géné-reusement par la CSN, au 1601, De Lorimier, à deux pas du métro Papineau.