Vancouver 2019 Conférence de Vancouver 2019

Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH

Collaboration Spéciale
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Une des plus grandes conférence mondiale sur les infections sexuellement transmissibles (IST), «STI & HIV 2019 WORLD CONGRESS» s’est tenue à Vancouver du 14 au 17 juillet 2019. Cette conférence a lieu tous les deux ans…

Cette conférence sur les IST, organisée par l’International Society for Sexually Transmitted Diseases Research (ISSTDR) et l’International Union against Sexually Transmitted Infections (IUSTI), est un événement bien différent des conférences sur le VIH/sida et bien plus modeste: seulement 1300 «délégués», (ils étaient 18000 à la dernière conférence internationale sur le sida à Amsterdam 2018). Les participants sont principalement des professionnels de la santé, médecins, chercheurs, biologistes, épidémiologistes, très peu d’organismes communautaires et de journalistes.

Le programme de la conférence intitulée cette année The Evolving Landscape of STI and HIV Elimination («Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH») fut dominé par la crainte du développement des résistances aux antibiotiques, par les taux de nouvelles infections depuis 2010, par l’impact de la Prep. Face à ces nouveaux enjeux, le combat contre les IST manque cruellement de moyens, et les combattants doutent de pouvoir les avoir un jour. Développer de nouveaux médicaments nécessite des investissements considérables et les industriels sont réticents à s’y lancer, car il ne s’agit pas de médicaments à prescrire la vie durant mais juste pendant quelques jours, voire un seul, pas de quoi s’assurer une rente! La keynote d’ouverture a été confiée à un directeur scientifique de GSK-Vaccines (ce qui en soi, apparaît très surprenant même si GSK n’est pas sponsor du congrès), Rino Rappuoli, qui a rappelé que seuls les vaccins pouvaient parvenir à éradiquer une maladie, qu’ils ont très largement contribué à augmenter la longévité au XXe siècle, et qu’aujourd’hui nous avions les acquis scientifiques nécessaires pour développer un vaccin contre le gonocoque, et vraisemblablement aussi contre la syphilis et les chlamydiae, mais que le risque d’un échec commercial (market failure) était énorme. 

Le ton n’était pas plus encourageant lors du pre-congress symposium du 14 juillet, si de nouvelles molécules apparaissent dans le pipeline et sont très encourageantes, les moyens pour les développer et mettre en route les essais cliniques ne sont pas là.