Pays-Bas

Un groupe pédophile tente de prendre part à Fierté Amsterdam

Yannick LeClerc
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À Amsterdam, un homme, qui se revendique du «Front de Libération des Enfants», a distribué en marge de la Gay Pride des tracts demandant l’intégration des pédophiles à la communauté LGBT. La police a confisqué les prospectus, mais n’a pas arrêté l’individu.

Le samedi 27 juillet, alors que la Gay Pride néerlandaise s’ouvrait avec près de 15 000 participants sur les canauxs, sur la riive, un homme distribuait des tracts appelant à l’intégration des pédophiles dans la communauté LGBT+. Sa présence a provoqué la colère des passants. Les faits se sont déroulés dans le Vondelpark, l’un des jardins publics les plus visités de la ville, rapporte le média néerlandais NL Times. 

Certaines personnes (la plupart membre des communautés LGBTQ+ ont réagi très violemment à la présence de l’homme, et ont appelé la police pour le faire évacuer, selon la police, citée dans le journal local Het Parool . «Les organisateurs de la marche ne le voulaient pas sur les lieux», indique au média Jelmer Geerds, porte-parole de la police. «L’ordre public allait être perturbé. En raison des fortes réactions suscitées par les tracts, ils ont été confisqués. L’individu est ensuite parti de son plein gré». En revanche, «il n’a pas été arrêté. Il pourra venir chercher ses prospectus plus tard, comme il est d’usage lorsque des objets sont saisis temporairement dans l’intérêt de l’ordre public», a continué le porte-parole.

Selon les tracts saisis, l’homme qui les a distribués se revendique du «Front de Libération des Enfants», qui milite pour donner plus de droits aux pédophiles. Le quotidien Het Parool affirme, selon plusieurs sources, que l’homme du Vondelpark serait seul derrière ce mouvement. Néanmoins, ce samedi, le compte @pedopride2019, désormais banni, a lancé sur Twitter le hashtag #PedoPride, relayé de nombreuses fois sur le réseau social.

Dans un tweet maintenant supprimé mais cité par le quotidien néerlandais De Telegraaf, @pedopride2019 a écrit que les «népiophiles, pédophiles et éphébophiles devraient faire partie de (la Gay Pride) et être les bienvenus dans la communauté (LGBT)». (Les népiophiles sont des personnes sexuellement attirées par des enfants d’un très jeune âge, comme des nourrissons, et les éphébophiles sont des individus sexuellement attirés par des adolescents pubères, dont l’âge varie entre 15 et 19 ans.) Et le compte Twitter de continuer: «Cette année, nous sommes présents à @amsterdampride».

Selon Het Parool, un porte-parole du Front de Libération des Enfants a affirmé avoir contacté Pride Amsterdam, responsable de l’organisation de la Gay Pride, cherchant à «participer modestement» à la marche. Mais «nous avons été immédiatement désignés comme des criminels, uniquement à cause de notre orientation sexuelle», a-t-il dit.

Un représentant de Pride Amsterdam a quant à lui confirmé au journal que l’organisation avait été approchée, mais qu’elle n’avait pas voulu «perdre son temps à répondre». «(Le Front) ne fait pas partie de Pride Amsterdam. Nous ne voulons pas que notre nom y soit associé», a-t-il déclaré.

De son côté, le porte-parole de la maire Femke Halsema a indiqué être vigilant: «Nous surveillons de près cet individu et prendrons des mesures immédiates si l’ordre était perturbé ou si des infractions pénales étaient commises».

Au début des années 2010 déjà, l’association pédophile néerlandaise «Martijn», qui avait pour objectif de légaliser les relations sexuelles entre adultes et enfants, avait défrayé la chronique. Forte de centaines de membres, l’organisation avait été interdite par la justice en 2012. Mais un an plus tard, la cour d’appel avait annulé cette décision, estimant que les éléments prouvant un risque de troubles publics étaient insuffisants. Entre liberté d’expression et droits de l’enfant, la société néerlandaise était partagée. La justice avait finalement tranché en faveur des droits de l’enfant, en interdisant définitivement les activités de l’association cette même année.