Homoparentalité

Les enfants élevés par des mères lesbiennes sont aussi équilibrés que les autres

Chantal Cyr
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Une étude, menée aux États-Unis sur 25 ans et publiée jeudi 18 juillet dans le « New England Journal of Medicine », démontre ce qu'on savait déjà : que les enfants élevés par des mères lesbiennes sont en aussi bonne santé mentale que ceux élevés par des couples hétérosexuels, et réussissent encore mieux à l'école.

1986 : 154 mères américaines, de classe moyenne, et habitantes de grandes villes, sont suivies par des chercheurs de l'Étude nationale longitudinale sur les familles lesbiennes (NLLFS) alors qu'elles viennent d'avoir recours à l'insémination artificielle pour être enceintes.

Une étude menée sur 25 ans

Leurs enfants (environ autant de filles que de garçons), observés depuis la naissance et interrogés à plusieurs reprises par le NLLFS, ont aujourd'hui 25 ans. « Lorsque j'ai commencé cette étude en 1986, il y avait de nombreuses spéculations sur la santé mentale future des enfants conçus par insémination par donneur et élevés par des parents de minorités sexuelles », rembobine la chercheuse Nanette Gartrell, dans un communiqué de presse publié mercredi 17 juillet par le Williams Institute.

Leurs filles et leurs fils âgés de 25 ans ont des résultats aussi bons en matière de santé mentale que les autres adultes du même âge.

« Nous suivons ces familles depuis que les mères étaient inséminées ou enceintes et nous constatons maintenant que leurs filles et leurs fils âgés de 25 ans ont des résultats aussi bons en matière de santé mentale que les autres adultes du même âge. »

Des adultes en bonne santé mentale

Les dernières entrevues des chercheurs ont révélé un groupe de jeunes adultes en bonne santé mentale ayant un niveau de réussite scolaire supérieur à celui des enfants de parents hétérosexuels comparés.

Rien ne justifie de limiter la garde ou le placement des enfants, ou l'accès aux technologies de la reproduction, en fonction de l'orientation sexuelle des parents.

Lors d'autres entretiens, menés avec les enfants lorsqu'ils avaient 17 ans, aucune histoire d'abus physique ou sexuel de la part d'un parent n'a été rapportée. Or, à l'échelle nationale, c'est 26 % des jeunes de 17 ans qui signalent des sévices et 8 % qui signalent des abus sexuels de la part d'un parent.

« Ces résultats démontrent que les affirmations selon lesquelles il est préjudiciable pour les enfants d'être élevés par des couples de même sexe sont totalement infondées », conclut aujourd'hui l'un des chercheurs, Henny Bos, professeur en développement et éducation de l'enfant à l'Université d'Amsterdam.

« Rien ne justifie de limiter la garde ou le placement des enfants, ou l'accès aux technologies de la reproduction, en fonction de l'orientation sexuelle des parents », assène-t-il, toujours dans ce même communiqué.

 

Les chercheurs sont accusés par des groupes conservateurs d'être des « militants pro-lesbiennes » produisant des résultats biaisés, car motivés par leur attachement à la culture et à la cause LGBT.

Pourtant, d'autres études sur les familles monoparentales ont eu des résultats similaires à ceux du NLLFS. Une étude menée en 2017 par la Graduate School of Public Health de la San Diego State University par exemple, n'a, elle non plus, révélé aucune différence en matière de santé psychologique entre les enfants de parents homosexuels et les enfants de parents hétérosexuels.