Réfugié

Ottawa suspend l'expulsion d'un demandeur d'asile guinéen bisexuel

Collaboration Spéciale
Commentaires

Ottawa suspend l’expulsion d’un demandeur d’asile guinéen qui craint d’être persécuté en raison de son orientation sexuelle s’il devait retourner dans son pays d’origine.

L’avocat du jeune homme, identifié par le pseudonyme Karim pour des raisons de sécurité, a confirmé à Radio-Canada qu’une plainte avait été déposée au Comité des droits de l’homme des Nations unies, après que la Cour fédérale eut refusé d’accorder un sursis au demandeur d’asile.

Meryem Benslimane de l’Action LGBTQ avec immigrants et réfugiés, qui accompagne Karim dans ses démarches, explique que [l’expulsion] a été annulée par le gouvernement canadien à la suite de l’intervention du Comité des droits de l’homme des Nations unies, qui est composé d’experts internationaux.

Le Comité [de l'ONU] va étudier le dossier, mais en attendant, il a demandé de ne pas expulser Karim, ce que le gouvernement a fait.

Meryem Benslimane, Action LGBTQ avec immigrants et réfugiés

Selon l’avocat de Karim, ce processus d'examen peut durer entre un an et un an et demi, mais Ottawa pourrait décider d'intervenir à mi-parcours pour demander aux Nations unies de lever la suspension.

Me Stewart Istvanffy estime qu'il revient au ministre fédéral de l'Immigration de se mêler du dossier afin que son client puisse rester de manière permanente au pays.

Il [le ministre de l'Immigration] devrait intervenir, les preuves sont tellement fortes qu'il faudrait intervenir pour que cet homme arrête de souffrir.

Me Stewart Istvanffy, avocat de Karim

Le bureau du ministre de l'Immigration a expliqué à La Presse canadienne qu'il ne commentait pas des cas particuliers.

Il a précisé cependant que le ministère est déterminé à faire en sorte que les personnes renvoyées du Canada ne soient pas envoyées dans un pays où elles seraient en danger ou exposées à la persécution.

Tortures et menaces

Karim devait être expulsé du Canada samedi, après avoir échappé in extremis à une première tentative de renvoi en 2017 grâce à l’intervention du ministre de l’Immigration.

Il est arrivé au Canada en 2016. Il avait fui la Guinée après que sa famille et le parti politique d’opposition au sein duquel il militait eurent découvert sa bisexualité.

Le jeune homme menait en quelque sorte une double vie. Il était marié et père de famille, l'homosexualité étant considérée comme un délit en Guinée.

Karim explique avoir été victime de tortures et de menaces. Sa femme et ses enfants, toujours au pays, doivent quant à eux se cacher pour éviter des représailles.

Dimanche dernier, le jeune homme avait supplié le gouvernement canadien de lui accorder l’asile. Je ne suis pas un criminel. Tout ce que je demande, c’est une protection, avait-il imploré.


Source : Radio-Canada