Russie

Le couple d’hommes gais menacé de se voir retirer ses fils a fui a Russie

Yannick LeClerc
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Le couple homosexuel russe parent de deux fils adoptifs qui a été récemment menacé par les autorités de se voir retirer ses enfants a fui la Russie avec ses fils, a-t-on appris.

Andrei Vaganov et Evgeny Erofeyev élèvent leurs deux fils, âgés aujourd'hui de 12 et 14 ans, depuis près d'une décennie. Les enfants ont été adoptés par Andrei peu de temps avant son mariage avec Evgeny au Danemark. Le couple est aujourd'hui considéré comme ayant enfreint la loi qui interdit l'adoption par les gais en Russie.

Le couple n’a rencontré aucun problème jusqu’à ce que son fils cadet, Youri, soit hospitalisé en raison de maux d’estomac et que les médecins se rendent compte qu’il vivait au sein d'une famille homoparentale.

Une enquête pour «abus sexuels» — sans qu’aucune plainte à ce sujet n’ait été depose —  a alors été déclenchée menaçant leur droit de vivre librement en tant que famille.

Après la sortie de l'hôpital de Youri, les deux parents ont été priés de se présenter à la police pour un interrogatoire présenté comme une «vérification préalable à enquête».

Très vite, il a été ordonné à Youri de subir un examen physique afin d'établir s'il avait été victime d'abus. «C’est franchement un événement très traumatisant pour un enfant», a expliqué son père adoptif, d’autant plus que Youri avait eu une enfance troublée avant l’adoption.

Plus tard, leur fils aîné, Denis, a également été convoqué pour un entretien et un avocat en droit de la famille leur a conseillé de se préparer à fuir le pays considérant que les services de protection essayeraient certainement de placer leurs enfants en famille d'accueil.

«Parce que dans de telles situations, les enfants sont simplement retirés de la famille avant de nouvelles procédures, qui peuvent durer des années, car l'article est lié à l'intégrité sexuelle de l'enfant"», a expliqué Andrei Vaganov.

Peu de temps après, les autorités ont estimé que Youri devait être confié à un centre de réadaptation appartenant à l'État pendant l'enquête sur l'affaire, malgré des tests médico-légaux ne montrant aucun signe de violence physique. Les deux parents adoptifs ont décidé que le moment de partir était venu quand les enquêteurs ont exigé qu'ils se présentent pour un nouvel interrogatoire.

Aucune accusation n’a encore été retenue contre eux, mais Buzzfeed News a rapporté que l’affaire s’était aggravée au cours du dernier mois.