Lettre ouverte au premier ministre du Canada

Engagement du Canada au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Ken Monteith
Commentaires

Nous reproduisons ici la lettre adressée au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en provenance de la COCQ-SIDA qui tient à signaler au Gouvernement du Canada que son engagement financier auprès du Fonds Mondial doit obligatoirement se situer entre 925 millions et un milliard de dollars canadiens s’il veut que sa participation à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme soit véritablement utile. 

Monsieur le premier ministre,

En 1989 à Montréal, un groupe d’activistes de lutte contre le VIH/sida a participé (sans y être invité) à la VeConférence internationale sur le sida. Ces activistes ne sont pas venus les mains vides, mais porteur d’unmanifeste au nom des personnes vivant avec le VIH.

Dans ce « Manifeste de Montréal », on trouve des revendications qui demeurent aujourd’hui très pertinentes. J’aimerais souligner l’une d’entre elles en cette année de reconstitution du Fonds mondial delutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme :

« 9. Les nations industrialisées doivent créer un fonds international de coopération capable d’aider les nations pauvres ou en voie de développement à s’acquitter de leurs responsabilités en matière d’hygiènepublique, notamment en ce qui concerne la disponibilité des condoms, la mise sur pied d’installations d’analyse du sang susceptibles d’assurer à ces pays un approvisionnement adéquat de sang non infecté, la disponibilité d’aiguilles stériles, etc. »

Nous avons dû attendre treize autres années avant d’assister à la création du Fonds mondial de luttecontre le sida, la tuberculose et le paludisme, en 2002, et depuis ce temps cet outil de collaboration internationale a permis des avancées importantes dans la lutte contre le VIH et les deux autres maladies dans des pays en voie de développement et des pays à revenu moyen. Face à cette responsabilité collective, le Canada a toujours fait sa part, augmentant sa contribution à chaque reconstitution du Fonds. Cette année la conférence de reconstitution aura lieu en France en octobre, mois des élections fédérales auCanada. L’annonce de la contribution du Canada devrait se faire avant le déclenchement des élections, et devrait aussi suivre notre tradition d’augmentation afin de maintenir notre juste part dans ce Fonds incontournable dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Nous sommes à un moment critique de la lutte contre le VIH/sida dans le monde, avec des objectifs réalisables de réduction et d’élimination du sida d’ici 2030. Bien que les interventions dans tous les pays ont démontré l’efficacité des interventions, notamment le traitement antirétroviral, pour diminuer, voire éliminer la transmission du VIH, nous sommes loin d’avoir atteint l’accessibilité universelle, essentielle à la résolution de l’épidémie.

Plusieurs pays ont déjà annoncé des contributions bonifiées au Fonds mondial et c’est maintenant le tour du Canada. Nous nous attendons à une contribution du Canada d’entre 925 millions et 1 milliard de dollars canadiens sur trois ans. Tout montant moindre signifierait un recul de notre part et éloignerait encorel’atteinte de l’objectif d’éliminer le sida.

Nous ne pouvons pas laisser passer cette opportunité de faire une vraie différence dans le monde.

 

Ken Monteith, directeur général de la COCCQ-SIDA