Homophobie :

Une association LGBT+ palestinienne victime d’une campagne de haine sur internet !

Chantal Cyr , L'agence AFP
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Les autorités palestiniennes ont interdit à une association LGBTQ locale d’organiser un événement en Cisjordanie. Al-Qaws est désormais la cible d’une campagne de haine sur les réseaux sociaux.

La fondation palestinienne Al-Qaws défend depuis 2007 les droits des LGBT+ locaux. Elle avait annoncé, début août, la tenue en Cisjordanie d’un camp pour les " jeunes hommes et femmes, de 18 à 24 ans " aux sexualités minoritaires, afin d’évoquer notamment " leur rapport à la société ". Mais c’était sans compter sur la police palestinienne, qui a répondu samedi qu’elle allait engager des " poursuites judiciaires contre les organisateurs de cet événement ". De plus, les autorités ont décidé " d’empêcher toute activité d’Al-Qaws ", évoquant " une violation des idéaux et des valeurs de la société palestinienne ".

Dimanche 18 août, dans un communiqué, Al-Qaws a alors " condamné le recours à des poursuites judiciaires, l’intimidation et les menaces d’arrestations, qu’elles émanent de la police ou des membres de la société ".

Car l’association fait depuis état de nombreux messages d’incitation à la haine sur les réseaux sociaux, rapporte l’Agence France-Presse. Omar al-Khatib, un de ses membres, affirme que cette violente campagne s’est intensifiée après le communiqué des forces de l’ordre. " La police porte une grande responsabilité si quelque chose nous arrive ", juge-t-il. Le 4 août, Al-Qaws avait pourtant déjà tenu un événement culturel à Naplouse, en Cisjordanie occupée. 

Onze organisations palestiniennes de défense des droits humains ont condamné de concert les propos de la police palestinienne, mercredi 21 août. Elles ont dénoncé les autorités qui, selon elles, " ont manqué à leurs obligations en matière d’égalité et de non discrimination ". Depuis, la police a retiré son communiqué.

Événements également interdits à Gaza : L’association, basée à Haïfa, en Israël, travaille principalement à Jérusalem, Ramallah et en Cisjordanie occupée. Mais les autorités palestiniennes avaient également interdit, dès dimanche, tout rassemblement LGBT+ dans la bande de Gaza, selon nos confrères de Pink News.

L’homosexualité est un sujet tabou dans la société palestinienne. Aucune législation ne bannit les actes sexuels entre personnes de même sexe en Cisjordanie occupée ou à Jérusalem-Est. En revanche, dans la bande de Gaza, l’homosexualité est un crime passible de dix ans de prison. Interrogé une nouvelle fois par l’AFP mardi, le porte-parole de la police a cette fois affirmé que le rassemblement n’avait pas fait l’objet d’une déclaration préalable aux autorités, comme le prévoit la législation.