Bosnie

Les organisateurs de la Fierté à Sarajevo appelés à renoncer

Yannick LeClerc , L'agence AFP
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Un parti politique au pouvoir dans le canton de Sarajevo a appelé vendredi les organisateurs d'une marche de la Fierté prévue en septembre dans la capitale bosnienne à y renoncer pour des raisons de sécurité.

Prévue le 8 septembre, elle devrait être la première Marche des fiertés à Sarajevo, où des participants à un festival gai avaient été agressés en 2008 et 2014 par des islamistes radicaux et des hooligans.

Les organisateurs estiment que le climat s'est amélioré depuis. Mais le parti de centre droit, « Narod i Pravda » (Peuple et Justice), un des piliers du gouvernement cantonal, affirme dans un communiqué que « la très grande partie des citoyens de Sarajevo sont contre la marche, car elle est contraire aux valeurs traditionnelles et à leurs sentiments religieux ».

« Nous sommes pour l'État de droit, la tolérance et la cohabitation de toutes les différences, mais nous sommes contre l'organisation des manifestations qui ne vont pas améliorer, mais peuvent, au contraire, détériorer la situation sécuritaire à Sarajevo », affirme un responsable de ce parti, Ibrahim Kerla, cité dans le communiqué.

Sarajevo est la dernière capitale dans les Balkans occidentaux qui n'a pas encore organisé la Marche des fiertés. C'est une ville dont plus de 80 % des 340.000 habitants sont musulmans.

Après l'annonce de la Gay Pride, en avril, le principal parti politique bosniaque musulman (SDA, opposition dans le canton) avait aussitôt appelé les organisateurs et les autorités cantonales à « renoncer » à la manifestation.

Une élue de ce parti à l'assemblée cantonale, Samra Cosovic Hajdarevic, avait écrit sur les réseaux sociaux qu'elle souhaitait « que des gens pareils soient isolés et mis le plus loin possible de nos enfants et de notre société ».

Ses propos avaient été vivement dénoncés par la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe. Cependant, beaucoup de personnalités, des artistes, des intellectuels et des écrivains ont publiquement soutenu l'organisation de la marche.

Le canton de Sarajevo est dirigé depuis les élections d'octobre 2018 par un gouvernement composé de partis idéologiquement différents. Son Premier ministre, Edin Forto, est issu de « Nasa Stranka » (« Notre parti », gauche libérale), un parti multiethnique relativement jeune.

Les Bosniaques (musulmans) représentent 50 % des 3,5 millions d'habitants de la Bosnie. Près d'un tiers (31 %) de la population est constitué de Serbes (orthodoxes) et 15 % de Croates (catholiques).

Rédaction avec AFP