États-Unis

La «gay panic defense», encore bien utilisée par des homophobes américains

Max Dubreuil
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Aux États-Unis, invoquer une «panique homosexuelle» après un meurtre peut permettre de réduire sa peine de prison ou d’y échapper. Très controversée, cette disposition est encore en vigueur dans plusieurs États américains

Poignarder son voisin à mort et obtenir un allègement de peine en invoquant une «panique homosexuelle», c’est possible aux États-Unis. En septembre 2015, James Miller, un policier à la retraite, a tué Daniel Spencer de deux coups de couteau. Lors de son procès, il s’est défendu en accusant son voisin de 37 ans de moins que lui de lui avoir fait des avances sexuelles. Ce dernier aurait cherché à l’embrasser lors d’un dîner.

La stratégie de défense a fonctionné. En avril 2018, le Texan a été condamné pour homicide par négligence et non pour meurtre ou homicide involontaire, écopant uniquement de 6 mois avec sursis, de 10 ans de liberté surveillée, d’une amende de 11 000 dollars à verser à la famille de la victime et de 100 heures de travaux d’intérêt général. Malgré son crime, il n’est jamais passé par la case prison.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette très controversée «gay panic defense» (avec son pendant, la «transgender panic defense»), qui de fait utilise l’identité sexuelle de la victime pour justifier un acte violent, est toujours appliquée dans la plupart des Etats américains.

La Californie a été le premier Etat à bannir cette disposition homo- et transphobe, en 2014, en suivant les recommandations de l’American Bar Association, une association de juristes, qui a officiellement demandé aux gouverneurs d’y mettre fin. Puis l’Illinois a franchi le pas en 2017 et Rhode Island en 2018. Mais il a fallu attendre 2019 pour que cinq autres États (Nevada, Hawaï, Maine, Connecticut et New York) décident aussi de sévir. Le dernier en date est l’État de New York.