Du 26 septembre au 7 mars

Autour de quatre nuits au Musée Stewart

Michel Joanny-Furtin
Commentaires
Simon boulerice

Fascinante et séduisante, voire "éblouissante"; mais aussi envoutante et inquiétante voire effrayante; la nuit se dévoile, parce qu’elle est tout cela à la fois, au Musée Stewart dans le cadre d’une exposition inspirée de récits inédits de quatre écrivains dont l’auteur touche-à-tout Simon Boulerice.

QUATRE NUITS AU MUSÉE StewartL’exposition Nuits invite les afficionados de culture, de littérature et de théâtre à découvrir, une expérience unique entre fiction et réalité qui plongera le spectateur dans quatre univers nocturnes. «Accompagné d’un livret et grâce aux stations d’écoute, le visiteur pourra explorer la Nuit Céleste avec Éric Dupont, affronter la peur du noir de la Nuit Imaginaire de Dominique Demers, arpenter la Nuit Urbaine d’Heather O’Neill et se glisser dans une Nuit Intime selon Simon Boulerice», explique Sylvie Dauphin, conservatrice des collections du Musée Stewart.
 
Pourquoi la Nuit ? «En muséologie, on observe un intérêt envers les thématiques immatérielles, ce qu’on appelle communément la micro-histoire, qui témoignent de l’évolution de l’humanité, comme l’histoire des larmes, celle des chambres à coucher… ou l’histoire du silence!», commente Sylvie Dauphin. «Cette approche, cette manière originale de voir la collection du musée permet de faire vivre les objets en les sortant de leur contexte muséal.»
 
«La nuit est un sujet transversal très vaste qui touche et l’humanité et toutes les époques», développe-t-elle. «Les peurs ancestrales liées à la disparition du soleil, la navigation nocturne, les monstres sous le lit, la nuit suscite beaucoup d’émotions. Mais comment ramener en sous-thèmes cette thématique universelle et l’illustrer avec les collections du musée?», poursuit-elle. «Nous avons donc fait appel à des auteurs de styles différents, que ce soit le genre, la langue, voire l’époque littéraire également, pour composer chacun un texte inédit de 900 mots maximum.»
 
Dix objets par nuit
«Et nous avons sélectionné dix objets thématiques comme sources d’inspiration, à la manière d’une résidence d’écrivain, avec des allers-retours et des ajouts de nos collections pour étoffer la création, mais aussi la mise en scène», ajoute Guislaine Lemay, conservatrice Culture matérielle.
 
Pour la Nuit Céleste, pure et totale quand on est en mer ou dans le désert, Éric Dupont s’est inspiré d’une carte céleste et son texte poétique se développe autour de la carte des noms des taches de la Lune. Pour sa Nuit Imaginaire, empreinte de rêves, Dominique Demers a inclus dans son écrit tous les objets proposés autour d’une chambre d’enfant… et un Teddy Bear rassurant et protecteur. La Nuit Urbaine d’Heather O’Neill évoque le Montréal des années 30 et 40, les lumières de la ville et les néons des cabarets, nombreux à cette époque. À ce trio s’ajoute Simon Boulerice, un auteur gai, plus jeune que les trois autres, et dont l’écriture éclatée est sensible aux artifices de la modernité. Sa Nuit Intime aborde une nuit de rencontres en y incluant, lui aussi, tous les objets proposés par le musée qu’on pourrait trouver – paradoxalement - dans une chambre à coucher…
 
Les nocturnes de «Nuits»
Nourries de plusieurs références à l’Histoire, leurs quatre récits prendront vie grâce à une mise en scène théâtrale de Pierre-Étienne Locas de ces textes aux côtés d’une variété d’artefacts surprenants issus des collections des Musées Stewart et McCord.  Des activités organisées avec les auteurs ponctueront cette présentation temporaire du 26 septembre 2019 au 7 mars 2021. Certes, cette exposition-installation est présentée de jour, mais l’équipe du Musée prépare des nocturnes publiques. À suivre donc…
 
«Nuits», une exposition au Musée Stewart autour de récits
originaux d’auteurs québécois de renom, du 26 septembre 2019 au 7 mars 2021.