Hong Kong

Un gai sur deux redoute le coming out

Yannick LeClerc , L'agence AFP
Commentaires

Une étude indique que près d'un homme homosexuel sur deux craint de révéler son orientation sexuelle à ses proches à Hong Kong. Le tabou de l'homosexualité reste fort dans l'enclave chinoise et le VIH y est en augmentation. 

Alors que Hong Kong enregistre une augmentation rapide des diagnostics de VIH, une étude révèle que les hommes homosexuels ont du mal à revendiquer leur identité sexuelle.

De nombreux spécialistes du VIH et de santé constatent que l'homosexualité reste un tabou persistant dans l'anicenne colonie britannique et que cette situation constitue l'une des causes principales de la croissance des taux de contamination par le virus du sida.

À l’heure actuelle, Hong Kong, qui est revenu dans le giron chinois il y a 22 ans, ne reconnaît pas l’égalité en matière de mariage ni les partenariats civils pour les couples de même sexe.

Une étude réalisée par le South China Morning Post, de juin 2018 à mars 2019, a révélé que 53,3% des Chinois de Hong Kong citaient le rejet dont il s'estiment l'objet comme la principale raison pour laquelle ils demeurent dans le placard.

Une personne sur 20 seulement indique avoir bénéficié du soutien de sa famille après son coming out. La plupart des répondants estiment que les membres de leur famille sont trop âgés pour accepter l'homosexualité.

Environ la moitié (46,7%) des hommes gay originaires de Hong Kong ont fait leur coming out de leur famille contre 61,5% des migrants homosexuels du territoire.

Seulement 11,1% des Chinois interrogés à Hong Kong ont déclaré être fiers de leur orientation sexuelle contre le double (19,2%) chez les expatriés.

"[Hong Kong est un] environnement hostile envers les personnes LGBT, commente Mark Thomsen, coprésident de Out in HK, un groupe de soutien LGBT à Hong Kong. Tout dans l’étude correspond à ce que j’ai constaté avec la plupart de mes amis chinois qui sont nés et ont grandi ici ou qui font partie de la grande diaspora chinoise".

Le militant LGBT, Bill Leung-Jok, met cette situation sur le compte"des années de désinformation sur l'homosexualité dans les médias et un manque de représentation positive des personnes LGBT".

Un autre souligne le "manque d'éducation sexuelle appropriée", associé à l'absence de lois anti-discrimination, pour "renforcer la stigmatisation".

La transmission du VIH est en forte augmentation chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Hong Kong.

Selon differentes études, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) constituent la principale population de personnes vivant avec le VIH. La plupart d'entre eux n'ont souvent pas accès à un soutien médical et social.

L’étude du South China Morning Post établit qu'un tiers seulement des personnes interrogées natives de Hong Kong utilisent toujours des préservatifs contre plus de la moitié (56,3%) en ce qui concerne les migrants.

Et seul un tiers des natifs réalise un test de dépistage du VIH contre deux tiers des migrants.