Le portail VIH-sida du Québec

Une référence et source d’information sur la santé sexuelle

André-Constantin Passiour
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Nicolas Montpetit, directeur général, portail VIH-SIDA
Photo prise par © Nicolas Montpetit (photo Richard Traversy)

Que l’on soit un ado ou un homme d’âge mûr, il n’y a pas d’âge, justement, pour s’informer sur le VIH-sida et les ITSS (infections transmissibles par le sexe et par le sang). Le Portail VIH-sida du Québec (PVSQ) vous donnera l’heure juste, par exemple, sur l’accès aux traitements contre le VIH et sur la PrEP (la prophylaxie préexposition sexuelle). Rappelons ici que l’accès à l’information est gratuit, universel et anonyme autant par téléphone que par texto. 

Il y a plus de 11 ans maintenant, la Maison du Parc avait mis sur pied le programme «Info traitements», c’est de là qu’est né le Portail VIH-sida du Québec, soit du besoin d’informer, de mettre à jour ses connaissances scientifiques et de les vulgariser en une information simple à comprendre. «Petit à petit aussi, d’Info traitements, c’est devenu plutôt Accès traitements, parce que l’accès est rendu un véritable enjeu maintenant pour les gens en régions», explique Nicolas Montpetit, le directeur général  qui a remplacé Pierre-Henri Minot il y a un an au PVSQ.

Dans le but d’en savoir plus sur la  réalité des personnes vivant avec le VIH au Québec et leurs accès aux soins et aux traitements, le Portail a fait une étude récente au cours de laquelle 22 personnes ont été interrogées. Il en est ressorti plusieurs conclusions. «D’abord, on voit une différence entre la ville, où l’on trouve des cliniques spécialisées, et les autres régions où il y a un manque d’informations, où les gens peinent à trouver un médecin de famille, indique Nicolas Montpetit. L’accès aux traitements est plus difficile en régions. Les médecins se concentrent peut-être sur des cas plus faciles et moins lourds que le VIH. Si on se fait dépister et qu'on est testé positif, le spécialiste de la santé doit remplir tout un questionnaire sur l'environnement socio-économique, psychologique, etc. du patient. Donc, peut-être que c’est plus lourd pour le médecin de prendre en charge un tel patient. On s’aperçoit aussi que les médecins en régions connaissent mal la PrEP. Ils n’ont pas nécessairement eu de formation à ce sujet. C’est pour cela que les traitements sont devenus un enjeu si on réside ailleurs qu’à Montréal, par exemple.»

Vous pouvez accéder au rapport complet en visitant pvsq.org/acces/.

On s’aperçoit aussi, avec cette consultation, que les personnes non reçues immigrantes peuvent ne pas avoir les moyens de se payer des traitements. «C’est possible, par contre, d’obtenir de l’aide des entreprises pharmaceutiques à travers leurs divers programmes. Mais il faudrait que l’accès aux médicaments soit gratuit si l’on veut réellement atteindre le fameux 90-90-90 [soit que 90 % des gens soient dépistés, 90 % d’entre eux soient traités et 90 % deviennent indétectables]. Même si pour certains, il ne s’agit que de payer 93,08 $/mois (depuis le 1er juillet 2019), ils n’ont tout simplement pas cette somme-là», souligne le directeur général du Portail

Il est difficile, également, d’obtenir des chiffres exacts sur les travailleuses et les travailleurs du sexe en raison de leur situation de précarité. Il en va de même pour les personnes toxicomanes. «Ce sont des milieux difficiles où il n’est pas toujours simple pour ces personnes d’être fidèles aux traitements», continue Nicolas Montpetit. «Nous nous apercevons par ailleurs que, même si on en parle de plus en plus, la PrEP est encore méconnue ou mécomprise au sein même de la communauté des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Il reste du chemin à faire. Il faut les informer et les inciter à aller se faire dépister régulièrement. Il faut répéter inlassablement : Indétectabilité = Intransmissibilité! », ajoute le directeur général du Portail.

Le Portail VIH-sida du Québec donne, également, une foule de renseignements sur l’herpès et les autres ITSS. «Il y a une flambée de syphilis, entre autres, parce qu’il n’y a plus eu de cours sur la sexualité dans les écoles depuis des années, rappelle M. Montpetit. On essaie de dédramatiser et de clarifier la situation. La clé est vraiment l’éducation et l’information.» On le voit, la nécessité du Portail VIH-sida du Québec n’est pas à faire. Même s’il y a une foule d’informations sur l’internet, celle-ci doit être expliquée intelligemment et être contextualisée. Et, il faut référer les personnes aux bons endroits s’ils désirent des traitements… 

Côté financement, le Portail bénéficie d’un budget annuel d’environ 300 000$. «78 % de celui-ci provient des gouvernements fédéral et provincial, tandis que les pharmaceutiques versent 18 % et le reste est comblé par des dons. Donc, nous sommes bien contents de l’aide apportée par les compagnies pharmaceutiques. […] Nous avons toujours besoin de faire connaître nos services auprès de la communauté des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)», commente Nicolas Montpetit. 

«Dans les derniers temps, on a observé une augmentation du nombre de gens qui demandent de l’information. On a eu des pics après la Fierté, c’est donc encourageant !»  

Infos : www.pvsq.org

http://www.ramq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/professionnels/infolettres/2019/info092-9.pdf

http://www.ramq.gouv.qc.ca/sitecollectiondocuments/citoyens/fr/depliants/depl-assurance-medicaments-couts-fr.pdf

 

Cette entrevue a été rendue possible grâce à la participation de