Sport universitaire

Des slogans homophobes scandés lors des matchs du Vert et Or

Yannick LeClerc
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Depuis une semaine, des étudiants et des joueurs ont vivement dénoncé sur les réseaux sociaux et sur les ondes de Radio-Canada que des insultes à caractère homophobe soient régulièrement scandées par des partisans lors des matchs universitaires du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke. Une situation qui, selon eux, perdure depuis plusieurs années. 

«Je joue à l’aile sur le terrain, près des estrades. Souvent, je suis la cible d’insultes. Je me fais traiter de «petit fif» ou encore de «little fourteen faggot». Je les ai tous entendues, racontait  Nicolas Bourque à un journaliste de Ici Radio-Canada. Celui qui arbore le numéro 14 pour l’équipe de rugby du Vert et Or confirme que les propos sont souvent isolés dans la foule, bien qu’is se répètent saison après saison. 

«J’en suis à ma troisième saison universitaire. C’est arrivé toutes les saisons dans toutes les universités. Ça arrive partout, précise l’étudiant au baccalauréat en politique appliquée. Est-ce que ça fait trop longtemps ? À mes yeux, oui.»

Certains de ses amis issus de la communauté LGBTQ+ sont désormais plus réticents à se déplacer pour assister à ses matchs en raison des propos à caractère homophobe qui y sont trop souvent entendus.

Comportements dénoncés sur Facebook

L’étudiante en communication Camille Gascon assistait au premier match à domicile de football du Vert et Or à la mi-septembre lorsque des partisans ont commencé à scander le slogan: « Le rouge, c’est fif! ». L’attaque verbale était destinée aux athlètes des Redmen de l’Université McGill. 

«Je ne crois pas que ces gens soient nécessairement homophobes, mais je crois qu'ils ne pensent pas à l'impact de leurs mots», croit Camille Gascon. «Est-ce qu'on a pris le temps de se demander si c'était blessant ? Non pas du tout.» 

Troublée par les propos de ces partisans, entendus à maintes reprises au cours de ses années universitaires, Camille Gascon s’est tournée vers les réseaux sociaux pour exprimer son mécontentement. Dans une publication Facebook, elle raconte s’est faite expliquer par d’autres partisans qu’il ne s’agissait que d’une « tradition » inscrite dans « l’esprit du sport. »

« Suite à la publication, il y a eu tellement de réactions, plus que j'aurais imaginé, explique-t-elle. Je suis contente qu'on en parle. On espère qu'il y aura des effets positifs. Le Vert et Or a le pouvoir de changer les choses. »

Le Vert et Or promet d’agir

L’Université de Sherbrooke promet d’agir rapidement pour limiter ces insultes homophobes lors des événements sportifs sont tenus sur son campus.

  • Rappel à l’ordre pendant le match, expulsion ou suspension des partisans fautifs; des sanctions sont déjà envisagées par l’Université de Sherbrooke.  Les agents de sécurité seront informés de la situation.
  • À court terme, le Vert et Or affichera le « Code du spectateur » dans les gymnases de l’établissement universitaire. 
  • À chaque début de match, un message vocal à l’auditoire sera aussi émis pour inciter les spectateurs à encourager les joueurs dans le respect.