Élections fédérales 21 octobre

La position du Parti Libéral du Canada sur les enjeux LGBTQ+

L'équipe de rédaction
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À l’approche des élections fédérales du lundi 21 octobre 2019 et afin de vous aider à faire votre choix, Fugues a fait parvenir une série de questions aux six partis principaux pour connaître leur position officielle et leurs engagements sur différents sujets d’intérêts pour les personnes LGBTQ+ du Canada et en particulier du Québec.  Voici les réponses spécifiques et dans leur intégralité du Parti Libéral du Canada.

 

QUESTIONS 

1. Comment votre parti se positionne-t-il par rapport à la lutte contre l’homophobie et la transphobie?   

Nous croyons fermement qu’il faut continuer à avancer pour créer un Canada inclusif pour toutes les minorités sexuelles et de genre. Soyons clairs : nous continuerons de lutter sans relâche contre l’intolérance et la discrimination. Aucune personne ne devrait craindre pour sa sécurité ou son bien-être physique et émotionnel en raison de qui elle est ou de qui elle aime.

Au cours des quatre dernières années, nous avons démontré un leadership fort, tant sur la scène nationale qu’internationale, pour soutenir les personnes LGBTQ2 et lutter contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. 

Nous avons adopté une nouvelle loi (C-16) qui interdit la discrimination basée sur l’identité ou l’expression de genre. Nous avons refinancé le travail crucial que font les groupes communautaires LGBTQ2, mais que le gouvernement conservateur avait coupé. Nous avons signé le règlement hors Cour le plus important de l’histoire pour redonner justice aux nombreuses personnes LGBTQ2 qui ont subi des discriminations alors qu’elles étaient à l’emploi du gouvernement fédéral en 1969 et dans les années qui ont suivi. Nous avons créé un poste de conseiller spécial du Premier ministre quant aux questions qui touchent la communauté LGBTQ2, en plus de créer le Secrétariat LGBTQ2. À l’international, nous avons annoncé des investissements de plus de 1 milliard de dollars pour faire progresser le droit des personnes LGBTQ2. 

Notre parti est déterminé à donner justice aux personnes LGBTQ2 et à continuer de se battre pour que leurs droits soient respectés au Canada et dans le monde. 

 

2. Considériez-vous la mise en place de campagnes nationales sur les valeurs canadiennes incluant les réalités de la diversité sexuelle et de genre ?

Il y a plusieurs enjeux pour lesquels la sensibilisation du grand public peut aider à faire plus de progrès, plus rapidement. Plusieurs organisations font déjà un excellent travail pour informer et sensibiliser leurs concitoyens, et ce particulièrement dans la communauté LGBTQ2. Nous souhaitons supporter ces organisations, tout en démontrant clairement que nous sommes des alliés pour ces enjeux importants. 

 

3. Votre parti poursuivra-t-il l'initiative du gouvernement sortant de nommer un conseiller auprès du premier ministre ? Ou envisagez-vous une autre structure ? 

La création d’un poste de conseiller du Premier ministre était une mesure prioritaire pour nous. Cette mesure est efficace, car elle assure que les enjeux soient toujours pris en compte dans le cadre de l’élaboration de toutes nos politiques publiques. Elle démontre également le réel engagement de notre parti à promouvoir et protéger les droits de tous les membres de la communauté LGBTQ2. Nous avons donc l’intention de maintenir ce poste, mais nous sommes ouverts à travailler avec les intervenants du secteur pour améliorer les structures existantes, voire pour en créer de nouvelles en partenariat avec la communauté. 

  

4. Votre parti est-il d’avis qu’il faudrait modifier le Code criminel pour interdire les thérapies de conversion ?

Notre position est claire : les thérapies de conversion sont inacceptables et doivent être dénoncées. Comme nous l’avons annoncé récemment, notre gouvernement étudie présentement les changements législatifs – incluant au Code criminel – qui devront être mis en place pour interdire les thérapies de conversion. Nous souhaitons également travailler avec les provinces et les territoires et les différents ordres professionnels pour assurer que ces thérapies soient définitivement bannies. Nous nous engageons à poursuivre ce travail pour mettre un terme le plus rapidement possible à ces pratiques discriminatoires. 

 

5. Avec le succès des traitements contre le VIH qui rendent indétectable et donc intransmissible la grande majorité les personnes séropositives, votre parti considère-t-il qu’on devrait décriminaliser le risque de transmission du VIH ? 

Nous sommes déterminés à lutter contre le VIH et contre la discrimination que subissent les personnes séropositives. C’est pour cette raison que, le 1er décembre 2018, notre ministre de la Justice a signé la Directive concernant les poursuites relatives aux cas de non divulgation du VIH. 

La directive reflète les preuves scientifiques et ordonne aux avocats du gouvernement fédéral de ne pas intenter de poursuite contre une personne vivant avec une charge virale indétectable, puisqu’il n’existe pas de possibilité de transmission. La directive reconnaît que la criminalisation affecte de manière disproportionnée les populations vulnérables, qu’elle décourage les individus à se faire dépister et, surtout, que le VIH est d’abord et avant tout un problème de santé publique (et non de droit criminel).

Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont également affiché publiquement leur adhésion à la campagne I=I (Indétectable = Intransmissible) et ont annoncé des investissements importants en matière de recherche et en appui aux organismes de lutte contre le VIH. 

Le ministre de la Justice mène présentement des consultations auprès des personnes vivant avec le VIH, des organismes communautaires et de la communauté scientifique afin de continuer d’avancer en ce sens. L’une des options explorées est de modifier le Code criminel pour assurer que les tribunaux cessent de criminaliser les comportements sexuels qui ne posent pas de risque. 

Notre gouvernement s’engage à continuer à travailler pour mettre fin à toute injustice et discrimination que vivent les personnes séropositives.

   

6. Selon votre parti, quel devrait être l’engagement financier du Canada concernant le Fonds Mondial de lutte contre le paludisme et le sida?

Pour l’année 2019, le Fonds Mondial a demandé aux pays d’augmenter de 15% leur contribution envers la lutte contre le paludisme et le sida. Notre gouvernement a fièrement relevé ce défi. Ainsi, le 22 août 2019, le Canada a annoncé qu’il augmentait sa contribution de presque 16%, pour un total de 930 millions. Cette contribution permettra de continuer la lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose, qui affectent les populations les plus vulnérables partout dans le monde.

C’est la deuxième fois que notre gouvernement démontre son engagement envers le Fonds Mondial puisqu’en 2016, notre gouvernement avait annoncé une première augmentation de 24% de son financement (814 millions). 

Nous continuerons de soutenir le Fonds Mondial durant le prochain mandat. 

  

7. Le Canada devrait-il imiter, selon votre parti, l’Espagne, le Portugal et l’Italie, où l’exclusion de don de sang touche les pratiques à risque et où on ne fait plus de différence entre le don de sang des hétérosexuels et celui des homosexuels?

C’est assurément la direction que nous avons choisie pour le Canada. Le 8 mai 2019, la ministre de la Santé a annoncé notre intention d’adopter des exclusions basées sur les pratiques à risque (l’approche comportementale) plutôt que sur l’orientation sexuelle des donneurs. Nous avons annoncé un investissement de 3 millions de dollars pour faire progresser la recherche en ce sens.

À la fin du mandat des Conservateurs, en 2015, cette interdiction était de 5 ans. En 2016, dès les premiers mois de notre mandat, nous avons abaissé cette interdiction à 1 an. Nous avons ensuite réduit cette interdiction à 3 mois et avons annoncé notre engagement à y mettre entièrement fin le plus rapidement possible. 

 

8. Comment le Canada devrait-il défendre les droits et les libertés des personnes LGBTQ+ à travers le monde selon votre parti, en particulier face aux pays qui ne respectent pas ou qui restreignent les droits de la personne?

Le Canada défend activement les droits des personnes LGBTQ2 sur la scène internationale. Nos engagements en cette matière le démontrent. Voici quelques exemples, parmi de nombreux autres, de la détermination de notre gouvernement à lutter pour les droits des personnes LGBTQ+ partout dans le monde :

  • De 2017 à 2019, le Canada a co-fondé et co-présidé la Equal Rights Coalition, le premier réseau intergouvernemental créé pour promouvoir et protéger les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et intersexes (LGBTI) dans le monde entier 
  • En 2016, notre gouvernement a augmenté de 24% sa contribution au Fonds Mondial de lutte contre le paludisme et le sida. Récemment, en 2019, nous avons annoncé une nouvelle augmentation de notre financement de 15,7% (représentant 930 millions de dollars).
  • En 2019, notre gouvernement a publié Voix à risque, les lignes directrices du Canada pour le soutien des défenseurs des droits de la personne. Tout un chapitre de Voix à risque est dédié aux défenseurs des droits de la communauté LGBTQ2 et insiste sur l’importance d’adopter une approche intersectionnelle pour assurer la défense des populations les plus vulnérables. Michelle Bachelet, Haute commissaire aux droits humains de l’ONU, a applaudi cette initiative. 
  • Notre gouvernement a augmenté le financement accordé à Rainbow Refugee Society, qui travaille à aider les réfugiés LGBTQ2.
  • En 2019, nous avons annoncé un investissement de 30 millions de dollars aux organismes canadiens qui travaillent à l’international pour faire progresser les droits humains et améliorer les conditions socio-économiques des personnes LGBTQ2 dans les pays en voie de développement.
  • Le Canada a travaillé activement pour s’assurer que l’ONU renouvelle le mandat confié à l’Expert indépendant en charge des questions liées à l’orientation et à l’identité sexuelles, Victor Madrigal. En juillet 2019, ces efforts ont porté fruit et le mandat de l’Expert indépendant a été renouvelé.

Au surplus, la protection des droits des personnes LGBTQ2 est une priorité du Canada dans toutes ses relations diplomatiques. Le Canada s’engage constamment à soutenir les pays qui souhaitent en faire plus pour les droits des personnes LGBTQ2 et, surtout, à dénoncer les pays qui continuent de les discriminer. Aucune personne dans le monde ne devrait craindre pour sa sécurité ou son bien-être en raison de qui elle est.

 

9. Dans un univers où l’avenir des médias (journaux, magazines d’information et communautaires) est mis en danger par GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) — qui siphonnent les revenus publicitaires (rappelons que plus de 80% des revenus se retrouvent chez ces entreprises américaines qui ne payent aucun ou presque pas d’impôt) —, votre parti considère-t-il qu’il faut des mesures économiques pour protéger l’avenir des journaux, des magazines d’information ou communautaires, comme Fugues? Si oui, lesquels ?

La réalité changeante du secteur de l’information nous a menés à une crise dans le secteur des médias, ce qui met à risque des milliers d'emplois et la qualité de notre information. On agit en investissant 600 millions de dollars pour appuyer un journalisme fort et indépendant. Ces investissements vont se concrétiser rapidement, dans le respect de l’indépendance des journalistes. 

Cette aide de 600 millions de dollars pour le journalisme indépendant comprend 3 crédits d'impôt: 

  1. Crédit d'impôt pour la main-d’œuvre dans les salles de nouvelles (rétroactif au 1er janvier 2019)
  2. Crédit d'impôt pour les abonnements à un média en ligne 
  3. Crédit d'impôt pour les dons à une organisation médiatique à but non lucratif. 

Malgré les critiques des Conservateurs du soutien mis en place, nous continuons d’avancer, car ceci ne devrait pas être un enjeu partisan; c’est un des piliers de la démocratie qui est en jeu et on se doit de le protéger. 

 

10. Quelles mesures, comme gouvernement, entendriez-vous prendre pour vous assurer que tous les nouveaux arrivants comprennent et acceptent les valeurs d’ouverture du Canada dont la diversité sexuelle et de genre ?

Notre gouvernement est déterminé à aider les nouveaux arrivants à s'intégrer et à réussir au Canada. Nous avons augmenté de 30 % le financement des services d’établissement au Canada par rapport au gouvernement de Harper. Ces services aident les nouveaux arrivants à s'adapter à leur nouveau domicile en les aidant à s'intégrer dans le tissu économique et social de leur collectivité. Nous négocions actuellement de nouvelles ententes pour les services d'établissement et d'intégration de la prochaine génération, qui mettent l'accent sur les services LGBTQ2. 

Nous sommes fiers d’avoir investi dans le Rainbow Refugee Assistance Partnership, une nouvelle initiative qui appuie la réinstallation des réfugiés LGBTQ2. L'initiative, d'une durée de cinq ans, prévoit des frais de démarrage et trois mois de soutien du revenu pour les réfugiés LGBTQ2 parrainés par le secteur privé. Grâce au Rainbow Refugee Assistance Partnership, les répondants seront en mesure d'accroître leur capacité de protection des réfugiés LGBTQ2 en augmentant leur capacité de réinstallation. Cela renforcera leurs partenariats avec les répondants et les communautés d'établissement canadiens.  

  

11. Estimez-vous que l’inclusion des diversités est un enjeu d’importance pour les entreprises du Canada ? Si oui, quelles sont les mesures que Selon votre parti mettrait en place afin d’assurer l’inclusion de la diversité, dont celle LGBTQ+.

Il est essentiel de promouvoir l’égalité pour la communauté LGBTQ2+, de protéger les droits de ses membres et de lutter contre la discrimination. Ceci est vrai dans les entreprises comme partout ailleurs et c’est pourquoi notre gouvernement a adopté une série de mesures sur cette question. Voici quelques exemples seulement :

  • Nous avons adopté la loi C-65, qui vise à lutter contre le harcèlement et la violence de nature sexuelle au travail.  
  • Nous finançons des programmes communautaires qui œuvrent à protéger les droits des personnes LGBTQ2.
  • Nous avons rendu obligatoire l’analyse comparative entre les sexes (ACS+) pour nous assurer que les politiques et programmes gouvernementaux sont adoptés dans le meilleur intérêt des groupes les plus vulnérables de notre société.
  • Nous avons créé le Secrétariat LGBTQ2, dont le mandat est d’améliorer l’égalité pour les membres de la communauté. 
  • Nous avons créé un nouveau ministère des Femmes et de l’Égalité des genres.
  • Nous avons adopté la loi C-16 pour interdire la discrimination basée sur l’identité ou l’expression de genre.

Nous nous engageons à poursuivre ce travail et sommes ouverts à discuter de toute proposition qui vise à protéger, défendre et promouvoir les droits des personnes LGBTQ2 au travail comme ailleurs.

 

12. Votre parti s’engagerait-il à poursuivre ou augmenter le financement des festivals et évènements LGBTQ+ culturels ou touristiques ?

Absolument. Notre gouvernement soutient déjà fièrement les festivals et événements LGBTQ+. En 2019, notre gouvernement a annoncé un financement de 1 million de dollars pour chacune des Fiertés à Montréal, Vancouver et Toronto. Le Premier ministre est d’ailleurs le premier à avoir marché dans toutes les Fiertés du pays. Il n’y aucun doute que nous continuerons à soutenir les événements LGBTQ+.