18 et 19 octobre, Fa’addebhou li (dresse-le pour moi)

La construction du corps masculin

Logan Cartier
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Dresse

Avec Fa’addebhou li (Dresse-le pour moi), la chorégraphe Nancy Naous explore la construction du corps masculin dans les sociétés arabes, dans le quotidien de familles dont le fils ne suit pas assez à leur goût le chemin des traditions et des attentes patriarcales. 

Comme c’est souvent le cas au MAI (Montréal, arts interculturels) la diversité, la pluridisciplinarité, le multiculturalisme sont authentiquement luxuriants et profondément enracinés. Dans ce lieu les arts de la scène, la musique et les arts visuels tissent avec les questionnements identitaires de riches dialogues. Cette fois, la danse est clairement à l’honneur.
 
Danseuse et comédienne d’origine libanaise, fondatrice de la compagnie 4120.CORPS, Nancy Naous  travaille les gestuelles des danses traditionnelles et les mouvements ancrés au quotidien dans les corps moyen-orientaux.
 
«J'ai vu et je vois encore une fierté, une attention, une préférence et une admiration particulières dans la relation entre mes parents et mon frère», explique la chorégraphe Nancy Naous. «Cette question n'a jamais été liée à la quantité d'amour qu'ils ont pour lui, car ils ont toujours été une source de passion et d'affection pour nous tous, je veux dire nous - les trois filles - et mon frère. C'est une question de valeurs qui ont été transférées par nos ancêtres sur la manière d'élever et d’intéragir avec le membre masculin de la famille.»
 
«Fa'addebhou li  interroge la construction du corps masculin dans le monde arabe. Les parents prient généralement la prière suivante pour demander la justice de leurs enfants, explique Naous. Nous avons choisi cette prière comme titre de notre spectacle: Cher Dieu, tu sais que j'ai essayé d'éduquer mon fils. Mais j'ai échoué. Cher Dieu, dresse-le pour moi».
 
Fa’addebhou li se situe en pleines turbulences de genres, de générations, de cultures et de sociétés. Nancy Naous y met en scène deux corps d’hommes (Nadim Bahsoun et Alexandre Paulikevitch, deux interprètes virtuoses) pris dans un carcan d’héritages et de contradictions. Endurants, résistants, adulés, ils sont mus par de trop grands désirs l’un pour l’autre et une insécurité inavouable. Claquements de mains, chants, cris et danse pure, on a droit à une véritable décharge de rébellion et d’affranchissement physique, mélange d’esthétisme et d’éthique. À voir!  
 
FA’ADDEBHOU LI (DRESSE-LE POUR MOI) au MAI, les 18 et 19 octobre.

https://www.m-a-i.qc.ca

FA’ADDEBHOU LI (DRESSE-LE?POUR?MOI) au MAI, les 18 et 19 octobre.