Élections fédérales 21 octobre

Les réponses de Steven Guilbeault à nos questions (Parti Libéral du Canada)

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Steven Guilbeault (Parti Libéral du Canada)
Photo prise par © Mylène Crête (Steven Guilbeault)

À l’approche des élections fédérales du lundi 21 octobre 2019 et afin de vous aider à faire votre choix, Fugues a fait parvenir une série de questions aux candidats des 6 principaux partis se présentant dans Laurier–Sainte-Marie. Nous espérons que cela vous permettra de mieux connaître ce qui motive les candidat.e.s à s’impliquer au niveau politique, leur connaissance des enjeux du comté, ainsi que leur engagement sur différents sujets d’intérêts pour les personnes LGBTQ+. Voici les réponses de Steven Guilbeault à nos questions (Parti Libéral du Canada).

Qu’est-ce qui vous incite à vous présenter en politique, et à vous présenter sous les bannières de ce parti en particulier?

D’abord, je me présente dans la circonscription de Laurier–Sainte-Marie parce que c’est là que je vis, que j’élève mes enfants et que je travaille. Notre comté offre une diversité exceptionnelle et compte certains des organismes communautaires et des réseaux de solidarité les plus importants au Québec. Comme j’ai toujours travaillé comme militant dans le milieu communautaire, le choix de ce comté s’imposait comme une évidence.

Ceci dit, pourquoi m’impliquer politiquement? En résumé, je vois mon saut en politique comme le prolongement naturel de ma carrière. 

Toute ma vie, j’ai milité pour une plus grande justice sociale et écologique. J’ai notamment travaillé pour la Fondation canadienne des droits de la personne, pour Greenpeace (où j’ai posé des actions…flamboyantes pour attirer l’attention sur les enjeux climatiques!) et j’ai été membre fondateur d’une coop d’habitation. J’ai également cofondé Équiterre, le plus important organisme environnemental au Québec et l’un des plus importants au Canada. J’ai été dans les médias et sur le terrain pour faire pression sur les gouvernements. Et comme résident du comté, je connais les enjeux auxquels font face les résidents, incluant de grandes inégalités économiques et sociales. Finalement, on le voit partout dans le monde : les droits des minorités sont fragiles et attaqués, notamment ceux des minorités sexuelles et de genre. 

Bref, nous sommes dans un contexte d’urgence. Urgence climatique, urgence d’agir contre le populisme et urgence de protéger nos droits fondamentaux. Dans ce contexte, je ne peux pas rester derrière. Je suis un pragmatique : je sais que les décisions sont prises au niveau politique. Je veux faire une différence concrète pour les gens. Je veux qu’on en fasse plus, plus vite pour l’environnement et pour la justice sociale. M’impliquer politiquement est pour moi la façon la plus efficace de lutter pour ces valeurs. 

J’ai choisi le Parti libéral du Canada parce que le bilan du gouvernement en matière de lutte aux changements climatiques et contre les inégalités est incontestable et parce que je sais qu’on ira encore plus loin. Et surtout, je veux que ceux qui tentent de nous faire revenir en arrière sur les droits de la communauté LGBTQ2, sur l’environnement et sur l’avortement sachent que les Canadiennes et les Canadiens méritent mieux. Je suis convaincu qu’un deuxième mandat du gouvernement de Justin Trudeau réalisera ces objectifs. Je sais que les questions de justice sociale et environnementale sont au cœur des préoccupations des gens de Laurier–Sainte-Marie. J’aimerais avoir l’honneur de faire entendre leur voix progressiste et égalitaire à la Chambre des communes. 

Le Village est reconnu pour être un lieu avec une valeur historique et symbolique pour les minorités sexuelles. Quelles seront vos actions pour continuer à le développer? 

Le Village est un milieu vibrant et dynamique unique au Canada. En fait, c’est le plus grand Village en Amérique du Nord! C’est un milieu que je fréquente et connais depuis longtemps. Déjà, en 1995, alors que le maire Pierre Bourque venait de créer les éco-quartiers, je faisais du porte-à-porte dans le Village pour aider à mettre en place le programme des bacs verts. J’ai eu la chance de rencontrer certains des organismes communautaires qui luttent pour les droits et le bien-être des membres de la communauté LGBTQ2. Leur travail m’impressionne. En tant que député, je m’assurerais de maintenir une collaboration étroite entre ces organismes et le gouvernement.

De plus, je veux être à l’écoute de vos demandes et enjeux prioritaires pour pouvoir être une voix forte pour la communauté à Ottawa. Vous pourrez compter sur moi pour assurer que ces dossiers avancent rapidement et qu’ils soient toujours une priorité. Ceci passe notamment par l’accès à la justice et à la santé, par le soutien financier et politique aux organismes communautaires et, plus largement, par le fait de défendre fièrement et fortement l’égalité et la diversité sexuelle et de genre.

De quelle manière pensez-vous pouvoir aider les ressources communautaires LGBTQ+ existantes de votre circonscription?

Ayant milité pendant 25 ans pour des groupes écologistes et communautaires, je connais bien la réalité de ces organisations en ce qui a trait à la recherche de financement, au travail avec les bénévoles et à la représentation auprès des gouvernements, entre autres.

D’abord et avant tout, je pense qu’il faut continuer le travail des quatre dernières années. Nous avons réinvesti massivement dans les organismes de la communauté qui avaient subi des coupes inacceptables sous le gouvernement conservateur. Pour assurer que l’on continue ce travail, j’ai trois priorités :

  • Continuer de financer les organismes communautaires, particulièrement les organismes de terrain et ceux qui soutiennent les membres les plus vulnérables de la communauté. 
  • Augmenter la collaboration à tous les niveaux entre le gouvernement et la communauté pour s’assurer que les politiques publiques prennent en compte les enjeux, les besoins et les réalités des membres de la communauté LGBTQ2, que ce soit en matière de santé, de justice ou d’économie, entre autres.
  • Être un allié, c’est-à-dire être présent pour entendre ce que la communauté souhaite et pour que ces demandes soient reflétées dans nos politiques. Ça veut bien sûr dire que je serais présent pour appuyer les projets, les événements et les succès de la communauté, mais aussi pour écouter les critiques et pour m’assurer que l’on soutienne en tout temps les membres les plus vulnérables de la communauté.

Quels sont les enjeux auxquels vous avez l’intention de vous consacrer en premier?

Je ne surprendrai personne en disant que je vais travailler sans relâche pour assurer la protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques. Je vais continuer ce pourquoi j’ai toujours travaillé dans ma vie. Mon autre priorité est celle de l’égalité sociale et de la lutte contre le populisme. Je suis inquiet de voir la montée des discours haineux et discriminatoires envers les minorités. Je veux m’assurer que l’on défende fièrement nos valeurs de justice sociale. Ça inclut l’égalité sexuelle et de genre, mais aussi la réduction de la pauvreté, le logement social et la lutte contre l’itinérance.

Je suis persuadé qu’aujourd’hui plus que jamais, les luttes pour la justice climatique et la justice sociale vont de pair. C’est le message que je veux porter.

Avez-vous un lien plus particulier avec les communautés LGBTQ+ que vous aimeriez évoquer?

Je me considère chanceux et suis heureux d’avoir une fille queer (en fait, elle se définit davantage comme un être spirituel ayant des expériences humaines) très militante et qui a fait mon éducation et m’a beaucoup sensibilisé à plusieurs réalités qui m’échappaient… Je suis, après tout, un homme cis hétérosexuel blanc! 

Aussi, une personne de qui je suis très près s’est un jour confiée à moi pour me révéler son homosexualité. Nous n’en avions jamais parlé avant, mais j’ai senti son soulagement lorsque je l’ai simplement pris dans mes bras. J’ai alors compris pour la première fois à quel point il peut être difficile de faire son « coming out », même auprès d’un proche. 

Ceci m’aide à être plus sensibilisé aux enjeux auxquels font face les membres de la communauté LGBTQ2. Ces enjeux persistent encore dans notre société et je suis conscient du privilège qui est le mien de ne pas devoir y faire face dans mon quotidien. Je considère qu’il est de mon devoir d’être un allié. Je souhaite entendre les besoins de la communauté et y répondre et, si je suis élu, je défendrai sans compromis le droit à l’égalité des membres de la communauté, car je sais qu’il y a encore beaucoup de travail à faire en ce sens. 

Renseignements personnels 
- Votre âge :
 49 ans
- Votre lieu de naissance : La Tuque
- Votre parcours professionnel et/ou personnel

C’est à l’âge de 5 ans que tout a commencé, j’ai grimpé dans un arbre pour le protéger des promoteurs immobiliers qui s’apprêtent à raser le boisé derrière chez moi, à La Tuque. Vingt-cinq ans plus tard, j’ai escaladé la Tour du CN à Toronto pour que le Canada ratifie le Protocole de Kyoto.

Mon militantisme s’est cristallisé durant mes études universitaires. J’ai été président de l’association étudiante de ma faculté et j’ai participé aux activités de la Fondation canadienne des droits de la personne pour promouvoir les droits humains.  

J’ai co-fondé Équiterre, la plus importante organisation environnementale au Québec, en 1993, et j’en ai été le directeur principal de 2007 à 2018, en plus d’avoir travaillé comme directeur et responsable de campagne chez Greenpeace. J’ai également œuvré à titre de conseiller stratégique chez Cycle Capital Management, un fonds dédié au développement des technologies propres, pendant plus de dix ans. Finalement, j’ai travaillé chez Deloitte et Touche et chez Copticom, une firme de services-conseils spécialisée dans les enjeux d’économie verte, d’économie sociale et de transport.

De manifestant à conseiller stratégique auprès de dizaines de gouvernements et d’entreprises au Canada et à l’étranger, je me considère un pragmatique qui cherche à faire bouger les choses en bâtissant des ponts et en tissant des liens.

Mon saut en politique est la suite naturelle de mon engagement citoyen. Je veux qu’on se donne les moyens d’aller plus loin et plus vite sur les questions d’environnement et de justice sociale. 

Je suis un amoureux de la nature et un amateur de sport et de plein air. Je me déplace principalement à vélo, hiver comme été, depuis trente ans. On peut me retrouver sur la piste de départ de nombreuses courses à obstacles, courses en montagnes, marathons ou demi-marathons.

Je suis le fier père de quatre enfants et beau-père de deux autres. Je souhaite continuer à travailler, comme je l’ai fait depuis 25 ans, à bâtir un avenir meilleur pour les familles de Laurier–Sainte-Marie - un comté tissé serré, fort de ses réseaux d’entraide et de soutien pour les plus vulnérables - et faire en sorte que les résidents du comté demeurent au cœur des décisions prises au Parlement.

 

Pour connaître la position officielle et les engagements du PARTI LIBÉRAL DU CANADA sur différents sujets d’intérêts pour les personnes LGBTQ+ du Canada et en particulier du Québec, LIRE NOTRE AUTRE ARTICLE...

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Au 26 septembre, la liste des candidats dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie était la suivante :

  • AZZAOUI, Jamil 
    Le Parti Vert du Canada / Green Party of Canada
  • BUI, Christine 
    Parti populaire du Canada / People's Party of Canada
  • DUCHESNE, Michel 
    Bloc Québécois / Bloc Québécois
  • DES GRENIERS, Lise 
    Parti conservateur du Canada / Conservative Party of Canada
  • GUILBEAULT, Steven 
    Parti libéral du Canada / Liberal Party of Canada
  • LACHAPELLE, Serge 
    Parti Marxiste-Léniniste du Canada / Marxist-Leninist Party of Canada
  • MACHOUF, Nimâ 
    Nouveau Parti démocratique / New Democratic Party
  • MOURKES, Dimitri 
    Indépendant(e) / Independent