Zambie

Une fausse nouvelle sur les droits des homosexuels provoque l'émoi en Zambie

Sandra Clermont , L'agence AFP
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Une fausse nouvelle annonçant que le chef de l'opposition de Zambie s'était prononcé en faveur de la reconnaissance des droits aux homosexuels a causé jeudi un vif émoi dans ce pays très conservateur, au point de pousser ce leader à réaffirmer son hostilité à la communauté LGBT.

Toute la journée, un article faussement attribué aux agences de presse internationales AFP et AP a tourné en boucle sur internet, affirmant que Hakainde Hichilema, leader de l'opposition, souhaitait légaliser les relations entre personnes du même sexe.

« Dans une démocratie, les gens doivent pouvoir choisir (...) avec qui ils ont des relations intimes », aurait ainsi affirmé, selon cette fausse nouvelle, le chef du Parti uni pour le développement national (UPND). « Dès que nous formerons un gouvernement, ces droits seront reconnus dans notre Constitution », aurait-il ajouté.

Ces faux propos ont enflammé la toile, contraignant M. Hichilema à les nier. « Nous craignons Dieu, donc il n'y a aucune chance pour que nous soutenions des choses contraires à la Bible », a-t-il réagi sur Twitter, attribuant la paternité de ses fausses confidences aux « gars du PF », le Front patriotique au pouvoir.

La Zambie est un bastion conservateur notoire d'Afrique australe. Si elle n'interdit pas explicitement les relations homosexuelles, sa Constitution prohibe néanmoins toute « relation charnelle contre l'ordre naturel », qu'elle réprime de 14 ans de prison.

Le président Edgar Lungu a défendu à maintes reprises cette politique répressive, malgré les pressions de la communauté internationale et des bailleurs de fonds.

Jeudi, il s'est empressé de réagir depuis New York, où il participe à l'assemblée générale de l'ONU, aux « déclarations » faussement attribuées à son rival. « Certains droits qui s'exercent dans d'autres parties du monde ne peuvent s'exercer en Zambie parce qu'ils sont tabous dans la culture de beaucoup si ce n'est de tous les Zambiens », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La ministre de l'Information, Dora Siliya, a à son tour dénoncé - sans vérifier l'authenticité des déclarations du chef de l'opposition - le comportement « illégal, mais aussi immoral de M. Hichilema ».

Depuis sa réélection contestée en 2016, M. Lungu est régulièrement accusé de dérive autoritaire par ses adversaires.

Les prochaines élections générales sont prévues en 2021. « La Zambie est un pays conservateur », a commenté un membre du parti de M. Hichilema, Anthony Bwalya, cet incident « pourrait réduire les chances de notre candidat aux élections ».

Rédaction avec AFP