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Réaménagement d’une cour sur le Plateau Mont-Royal

Chantal Cyr
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Pierre Béland
Photo prise par © Pierre Béland
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La designer Martine Brisson et l’architecte paysagiste Roxanne Miller viennent de réaliser un mandat de choix, mettant en valeur la complémentarité de leur expertise : le réaménagement d’une cour intérieure.

Pierre Béland
 
Située au cœur du Plateau Mont-Royal, la cour arrière de cette maison unifamiliale constitue le deuxième projet que MYTO d.e.v. réalise avec ce client. Quelques mois plus tôt, le duo avait en effet effectué la réhabilitation de la vaste demeure. Ne restait qu’à réaménager la cour. Résidant aux États-Unis, les propriétaires, un couple dans la trentaine, souhaitait transformer cet espace extérieur en un lieu intime et accueillant, où il ferait bon se retrouver entre amis, le temps d’une fin de semaine. 
 
Pour y arriver, Martine Brisson a dû relever le défi de concevoir un mobilier qui s’insérerait dans un espace de 446 pieds carrés tout en longueur. « Nous devions respecter cette volumétrie particulière. De là nous est venue l’idée de créer un mobilier linéaire se déroulant comme un ruban sur toute la longueur. Notre table se transforme ainsi en chaise basse sous l’érable japo-nais, puis en chaise longue double là où les rayons du soleil viennent caresser le sol », explique la designer. Multifonctionnel, ce mobilier peut être utilisé de nombreuses manières selon l’humeur et le moment de la journée, que ce soit pour manger, boire un verre, discuter, se reposer ou même faire la sieste. Et, il fallait que ce soit facile d’entretien et à l’épreuve des intempéries. « Cette maison est un pied-à-terre pour nos clients. Ils aiment y venir avec quelques amis et ne pas avoir à faire de ménage ni d’entretien du jardin lorsqu’ils s’en vont », raconte-t-elle. Pour la table, Martine Brisson a donc choisi de combiner un support en aluminium avec un dessus en béton Ductal. Ce matériau comportant seulement 1 % de porosité est totalement imperméable à l’eau et à l’humidité, et surtout, très léger par rapport au béton traditionnel. « Un demi-pouce d’épaisseur nous a suffi alors que, pour obtenir la même solidité, deux ou trois pouces auraient été nécessaires avec un béton traditionnel », précise-t-elle. En outre, le béton Ductal peut être teint. La designer a opté pour un gris presque blanc, contrastant avec les grandes dalles noires de 24 par 24. Le mobilier paraît ainsi émerger du sol comme une vague. 
 
Pierre BélandAutour de la table ont été disposées des chaises en corde provenant de la boutique Jardin de Ville. Et de petites lanternes à D.E.L. fonctionnant à piles ont été placées ici et là afin d’illuminer l’espace tout en douceur, lorsque la nuit tombe. « Ces lampes Follow Me peuvent être transportées d’une place à l’autre sans encombrer l’espace. Elles contribuent à créer une ambiance conviviale sans déranger les voisins par une lumière trop intense. L’hiver, on peut les rentrer dans la maison », dit Martine Brisson. Pour ajouter à l’atmosphère intime et rendre le lieu totalement privé, la designer a        installé une clôture en bois au fond de la cour. Toutefois, les lattes de bois ont été coupées en angle pour laisser passer la lumière tout en empêchant les passants de la ruelle mitoyenne de jeter des regards indiscrets à l’intérieur de la propriété. 
 
Un décor végétal japonisant
Le deuxième défi était de conserver la plate-bande existante tout en mettant en vedette l’érable japonais, implanté dans la cour depuis des années. « Nous devions trouver une végétation qui ne nuirait pas à ses racines », affirme Roxan-ne Miller. L’horticultrice a donc décidé de planter que de l’indigènes du Québec, des fougères (Stachys byzantina), des astilbes (Athyrium filix-femina), trois types de mousses Bryophyta au pied de l’érable japonais (Acer japonicum), des Hostas plantaginea, et des Hydrangea paniculata. En somme, une végétation assez standard et facile d’entretien. Des galets noirs au fini lustré ont été disposés au sol afin de marquer une séparation entre la plate-bande et le dallage. 
 
Longeant la plate-bande, le mur de briques de la bâtisse voisine a donné du fil à retordre aux deux associées. «?Ce mur était recouvert d’une magnifique vigne verte au début du projet. Mais un jour, le voisin nous a déclaré qu’il allait devoir l’arracher pour réparer le mur. Après cette opération, le crépi d’origine est apparu. Avec ses multiples couleurs, son gris, ses verts et ses bleus, il apportait le cachet dont nous avions besoin pour la cour. Nous l’avons conservé tel quel?», dit Roxanne Miller. Pour illuminer l’espace et faire écho à ce mur, la façade en brique donnant sur la cour a été repeint. Alors vert foncé, elle s’est parée d’un gris vert très clair. « Cela a du même coup eu une répercussion sur la luminosité à l’intérieur de la maison », explique la designer. Ainsi, bien qu’ombragée à certains endroits, la cour s’est transformée en un espace lumineux, convivial et intime. Invitant à la détente par son ambiance minimaliste et japonisante, elle est aujourd’hui l’endroit idéal pour se ressourcer le temps d’un bref séjour. « Pour parfaire l’ensemble, en automne, nous planterons un genévrier (Chamaecyparis nootkatensis) au fond de la cour, devant la clôture de bois », conclut Roxanne Miller. 
 
 
Photos : Pierre Béland