Journée de la sortie du placard - 11 octobre

Militante un jour, militante toujours

Collaboration Spéciale
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Pour souligner la 30e Journée de la sortie du placard, le 11 octobre 2019, une vingtaine d'homosexuels, de bis et de trans ont répondu à notre appel et racontent le jour où ils sont sortis du placard. Voici le témoignage de Véo, 39 ans.

J’ai fait mon coming-out à 15 ans. Ma mère voulait savoir pourquoi la facture téléphonique était si salée (à l’époque, il n’y avait pas encore de forfait illimité…) et qui pouvait bien être au bout du fil pour que je papote pendant des heures. Du coup j’ai tout avoué. Que c’était une fille, qu’elle était bien plus qu’une simple amie, qu’on couchait même ensemble. 

«Je m’en doutais, a lancé ma mère. Je me pose la question depuis que tu es petite». Puis elle a aussi demandé si elle avait fait des erreurs de quelque chose dans mon éducation… ce qui n’a pas manqué de m’énerver !

C’est elle qui l’a annoncé à mon père. Ce dernier m’a simplement dit que si j’avais des problème avec mes amis ou dans mes relations, il était là pour moi, si je voulais en parler. Vraiment adorable. Mon grand frère et grande ma sœur m’ont invitée au resto pour qu’on en parle ouvertement. Et la réaction de ma grand-mère a été tout aussi formidable : «je pensais que t’allais me dire que tu sortais avec ton voisin PIerre, mais si c’est une fille, c’est bien aussi. Je t’aime ma chérie, du moment que t’es heureuse, ça me va». 

Le plus dur n’a donc pas été de l’annoncer, mais simplement de me lancer. Parce que c’est l’inconnu, et ça fait forcément peur. La seule personne qui m’ait tourné le dos, c’est ma meilleure amie de l’époque, car ses parents ne voulaient pas qu’elle fréquente une lesbienne de trop près… On ne sait jamais, ça peut s’attraper cette maladie !

Sinon, j’ai plutôt été confrontée à l’effet inverse : le gens se sont rapprochés de moi. Je dégageais sans doute une force, j’étais une sorte d’exemple. Celui de la fille qui s’assume. Et qu’il ne faut surtout pas taquiner sur ce point, sous peine d’être remis à sa place.

Par contre, au travail, j’ai d’abord été discrète. Surtout dans mes premiers emplois (McDo, La Ronde, etc.), où je ne voulais pas mélanger vie privée et vie publique, de peur d’être étiquetée de «lesbienne de service». Cette crainte a duré trois ans, mais après, je m’en suis fichée complètement. Quand on me demande si je suis gaie, je réponds ouvertement. Parfois, je vais même faire en sorte qu’on me pose la question, histoire que tout le monde soit bien au courant. Militante un jour, militante toujours !

Véro 39 ans

 

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