Journée de la sortie du placard - 11 octobre

Pour Valentin, de l'amour pour dépasser les différences

Collaboration Spéciale
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Pour souligner la 30e Journée de la sortie du placard, le 11 octobre 2019, une vingtaine d'homosexuels, de bis et de trans ont répondu à notre appel et racontent le jour où ils sont sortis du placard. Voici le témoignage de Valentin.

Il y a 5 ans je suis parti à l'autre bout du monde, en Asie, seul pour faire un stage lié à mes études. Au cours d’une soirée avec les autres stagiaires, qui débutaient comme moi, une formation, je me suis rapproché de quelqu’un… On riait énormément, j’ai pris cela pour une amitié naissante, car je n’avais jamais été attiré par un autre gars avant. Après quelques jours, j’ai compris qu’il y avait une attirance très forte entre nous et que j’étais en réalité en train de tomber amoureux. Les premiers instants ont été assez forts, car j'avais la sensation d'avoir fait une erreur, même si j’étais bien. J’étais sous le choc. Pour me tester et me comprendre, j’ai décidé de continuer cette aventure le temps de notre stage, mais de n’en parler à personne. Plusieurs mois après mon retour à Montréal, j’ai débuté une relation de couple avec un gars «sorti du placard» depuis plus longtemps que moi et qui m’a inspiré à faire mon coming-out auprès de mes amis et de mon frère. Ça m'a permis de me libérer d'un certain poids: plus besoin de rester évasif sur ma vie ou même de mentir pour ne pas éveiller des soupçons. En revanche, l’annoncer à ma mère a été une étape plus dure à franchir. Je viens d'un milieu où l'homosexualité n'est pas tabou, mais pas non plus vraiment acceptée. Ça passe pour un Montréalais, mais pas pour un gars «de Noranda». J'ai mis près d'un an avant de lui dire. Je lui ai écrit un courriel, en lui expliquant simplement les choses: que je suis amoureux de quelqu'un, que je suis heureux et que cette personne… était un gars. Que je n’ai pas choisi mon attirance pour les hommes, elle s'est imposée à moi, par contre j’ai pu choisir d'être heureux. Si mon père a curieusement bien reçu la nouvelle, ma mère l'a assez mal pris sur le coup, pensant qu'elle avait faite une erreur d'éducation, etc. Cela m'a heurté. Je ne me considère pas comme une erreur et suis, bien au contraire, satisfait de mon éducation et de la personne que je suis. J'ai pris appui sur mon frère, qui est allé discuter avec mes parents pour leur expliquer la normalité de la chose et que ça ne change rien de ce que je suis pour eux, un fils aimant. Avec un peu de temps ma mère a compris – tout simplement — qu'elle n'allait pas gâcher 28 ans de relation avec son fils pour un truc aussi minuscule.

Valentin


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