JOURNÉE DE LA SORTIE DU PLACARD - 11 octobre

«La peur de décevoir parce qu’on est différent»

Collaboration Spéciale
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Pour souligner la 30e Journée de la sortie du placard, le 11 octobre 2019, une vingtaine d'homosexuels, de bis et de trans ont répondu à notre appel et racontent le jour où ils sont sortis du placard. Voici le témoignage de Boris.

Pour moi, le coming out est une épreuve que l’on est obligé de passer. C’est en quelque sorte le «rite» de l’acceptation et le test qui détermine qui est là pour toi ou non pas. J’ai fait mon premier coming out l’an dernier auprès d'une voisine que je connais depuis l’enfance. J'étais dans une phase de questionnement très intense quant à mes attirances amoureuses, sexuelles. Cela n'a pas été simple de le dire. Mais cela m'a aidé à avancer et à m’accepter. L’homosexualité n’est peut-être pas un choix, mais il faut choisir de l’accepter et de l’assumer, c’est ça le vrai choix à faire.

J’ai ensuite enchaîné avec mon meilleur ami, mes meilleurs amis, des amis en qui j’avais absolument confiance. J’avais énormément besoin de le dire, car dans notre société, les gens partent du principe que tout le monde est hétéro. Malheureusement, cette mentalité reste terriblement ancrée dans nos vies.

On conditionne les enfants, on va dire à un gars «tu as une copine ?» ou «tu vas en faire craquer plus d’une !» et vice-versa pour les filles. C’est une part importante de nos peurs. La peur de décevoir parce qu’on est différent.

On conditionne aussi au rejet. On sait tous qu’un jour, des personnes qui nous sont chères peuvent nous tourner le dos parce qu’on est pas comme ils veulent, choisir de nous rejeter, alors que nous, on ne choisit pas si l’on veut aimer une fille ou un garçon ou les deux, on est comme ça.

J’ai enfin sauté le pas avec ma mère, l’étape la plus compliquée de toute ma vie. C’était une nouvelle vie pour moi, une fois que je l’ai fait, c’était ma libération. Je lui ai envoyé un courriel avant de partir à l’école. Une source terrible de stress. Une source terrible de stress. Mon coieur s’est arrêté de battre quand j’ai vu marqué «Maman» à côté de ma notification de message…

Elle me disait que je suis comme je suis, qu’elle m’aime et m’aimera toujours, qu’elle le sentait. Elle a choisi de m’aimer, en dépit de ma différence, c’est ce qui fait que je suis fière de ma mère. Parce qu’elle comprend, qu’elle m’aime, même si j’aime les gars.

Ces sorties du placard sont de plus en plus simples, avec le temps, même si je préfère les éviter le plus possible, étant donné le stress que cela provoque. Il reste encore des personnes à qui je n'ai rien dit. 

 Boris 16 ans


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