Toronto

Le premier mouvement étudiant gai du Canada vient de fêter ses 50 ans

Collaboration Spéciale
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C’est avec une petite annonce que tout a commencé, et aujourd’hui, 50 ans plus tard, nombreux sont les campus canadiens qui disposent d’une alliance LGBTQ. Charlie Hill, le premier directeur de la première du genre, revient sur les débuts de ce qui est devenu un véritable mouvement en faveur des droits des minorités sexuelles.

Le 15 octobre 1969, une petite annonce est publiée dans le journal étudiant de l’Université de Toronto, The Varsity, invitant les gens intéressés à discuter de la création d’une association étudiante « homophile » à contacter un certain « Jerry ».

Jerry est en fait Jearld Moldenhauer, fondateur d’un autre mouvement étudiant gai à l’Université de Cornell, dans l’État de New York, et désormais employé du département de physiologie en tant que technicien à la recherche.

Il [Jearld Moldenhauer] n’était pas étudiant. [... ] J’étais le seul étudiant prêt à assumer publiquement, donc je suis devenu président par défaut, raconte Charlie Hill. Ayant découvert son homosexualité à 12 ans, et alors âgé de 24 ans, l’étudiant a répondu à l’annonce et a participé à la première réunion du petit groupe d’intéressés.

De mon expérience personnelle, c’était la frustration de devoir vivre avec les préjudices, avec la peur et le besoin de se cacher, la reconnaissance du caractère destructeur d’une part, mais de l'absence de rationalité d’autre part.

L’Association homophile de l’Université de Toronto (UTHA) est née quelques jours après, et se réunira pour la première fois sur le campus de l’Université de Toronto le 4 novembre suivant. C’est alors la première association étudiante pour les droits des homosexuels, et la première association homosexuelle de la ville de Toronto.

L’association existe encore aujourd’hui, mais est connue sous le nom de LGBT OUT.

Désormais conservateur d’art au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, M. Hill voit cette période de militantisme comme une nécessité de l’époque. « Je ne crois pas qu’on pensait marquer l’Histoire. Quand vous faites ces choses-là, c’est parce que vous croyez que vous avez besoin de le faire », dit-il.