Élections fédérales

46 candidats LGBTQ2S et 4 élus

Yves Lafontaine , Denis-Daniel Boullé
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À part par Fugues au Québec, DailyXtra à Toronto, ainsi que par quelques organismes LGBTQ locaux, les enjeux LGBTQ2S+ n’ont pas été soulevés très souvent au cours de la campagne électorale qui s’est  terminée le 21 octobre dernier par l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire. Cela dit, au moins 4 hommes ouvertement gais siègeront au parlement canadien.

Il y a bien eu, en début de campagne, l’épisode de la vidéo déterrée du passé d’Andrew Sheer, qui s’opposait au mariage gai en 2005, mais sinon, l’environnement, le pipe-line Transmountain, la baisse des impôts et l’amélioration des services sociaux ont tenu le haut du pavé.  

Parmi les candidat.es, 46 se déclaraient appartenir à une minorité sexuelle (dont Michel Duchesne pour le Bloc Québécois dans Laurier-Sainte-Marie). Seuls 4 d’entre eux ont été élus, 2 de moins que lors des élections de 2015. 

Les quatre élus sont les suivants : 

  • Seamus O’Reagan, libéral de St. John's-Sud—Mount Pearl à Terre-Neuve;
  • Rob Oliphant, libéral, Don Valley West, en Ontario;
  • Eric Ducan, conservateur, Stormont — Dundas — South Glengarry en Ontario;
  • Randall Garrison, Néo-démocrate, Esquimalt–Saanich–Sooke en Colombie Britannique.

On ne peut s’empêcher de noter qu’il s’agit de 4 hommes, ce qui reflète encore la difficulté des lesbiennes à occuper l’espace politique.  

En Alberta, le député sortant d’Edmonton Centre, Randy Boissonnault du Parti libéral du Canada a été battu par le conservateur James Cumming. Rappelons que Randy Boissonnault avait été choisi par le premier ministre Justin Trudeau comme Conseiller spécial sur les enjeux de la communauté LGBGTQ2S+. 

On ne sait pas encore si le premier ministre, Justin Trudeau nommera un nouveau Conseiller spécial, mais par les réponses que le parti libéral nous avait donné en début de campagne, cela devrait être le cas. Cela dit, choisira-t-il l’un des deux élus libéraux pour porter les dossiers LGBTQ2S+ ou ne préfèrera-t-il un.e autre élu.e cisgenre. 

Enfin, la nomination de ce conseiller ou de cette conseillère restant la prérogative de Justin Trudeau, celui-ci pourrait choisir une personne de la société civile. Après tout, il vaut mieux une personne qui ne soit pas issue de nos communautés et qui possèdent une bonne connaissance des dossiers LGBTS2+ plutôt qu'une personne, lesbienne, gaie ou trans mais n'ayant d'atome crochu avec les attentes de nos communautés.

Le nombre de politiciens LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) déclarés au Parlement fédéral et aux assemblées législatives provinciales a augmenté de façon importante depuis que le député de Burnaby Svend Robinson a proclamé son orientation sexuelle en 1988 et que Réal Ménard l’ait suivi en 1994. Les lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transgenre canadien.nes ont toutefois un long parcours à faire avant d’être représenté.es de façon équitable au sein du processus politique régulier. 

Une étude canadienne In versus Out: LGBT Politicians in Canadaréalisée par Joanna Everitt et Michael Camp, et publiée en 2016 aux éditions Toronto Press, examinait le cheminement des politiciens fédéraux et provinciaux qui ont affiché leur préférence au grand jour et a recensé les divers facteurs qui ont influé sur leurs chances de gagner des courses électorales. 

Bien que la situation ait changé au cours des élections fédérales et provinciales récentes, cette étude concluait que les candidats LGBT qui ont le plus de chance de gagner leurs élections, sur cette base, sont ceux qui se sont taillé une réputation dans le domaine des services communautaires avant que le public découvre leur orientation sexuelle.