Élections fédérales

Les libéraux réélus avec un gouvernement minoritaire

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Le premier ministre sortant Justin Trudeau a gagné son pari d’obtenir un deuxième mandat, le 21 octobre, mais il sera aux commandes d'un gouvernement minoritaire.  

Avec 157 sièges sur 338 à la Chambre des communes, le premier ministre se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire, ce qui le forcera à négocier des terrains d’entente avec l’un ou l’autre des partis d’opposition pour conserver la confiance du Parlement. Pour obtenir un gouvernement majoritaire, un parti doit cumuler un minimum de 170 sièges.  

Ces dernières semaines, la remontée dans les intentions de vote du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique – au Canada anglais – a toutefois fait pencher la balance vers un gouvernement minoritaire.  Les conservateurs, en général plus hostiles aux LGBT, ont amélioré leur score sans toutefois atteindre leur objectif et dépasser les libéraux. Ils se sont imposés dans des zones rurales à forte participation électorale tandis que les libéraux ont remporté de nombreux sièges en zone urbaine.

À la dissolution de la Chambre, en juin, les libéraux détenaient 177 sièges tandis que les conservateurs en avaient 95. Les néo-démocrates en occupaient pour leur part 39 et le Bloc québécois 10. Le Parti vert avait pour sa part deux députés. Dix sièges étaient occupés par des députés indépendants ou candidats partis n’ayant qu’un seul représentant, comme le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier.  

Je pense que le message que les Canadiens ont envoyé lundi soir m’a donné beaucoup de matière à réflexion et je m’engage à réfléchir de façon attentive et de façon profonde, en consultant beaucoup de gens sur la meilleure façon de procéder. 

(…) C’est important de reconnaître que les Canadiens nous demandent de mieux travailler ensemble en tant que parlementaires, et je m’engage à faire ça

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Il n'a pas exclu de collaborer avec le Bloc québécois au besoin, en soulignant que les fédéralistes, les nationalistes et les souverainistes peuvent être d'accord sur certains enjeux.

M. Trudeau n'a pas indiqué à quel moment il comptait rappeler le Parlement pour une nouvelle session. Il s'est contenté de dire que son nouveau Cabinet, qui sera paritaire, serait nommé et assermenté le 20 novembre.

Il y a fort à parier que Steven Guilbeault, candidat vedette et environnementaliste élu pour la première fois dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie (où le Village est situé), aura un siège autour de la table du Conseil des ministres.

Parmi les autres élu.es québécois.es, voici ceux qui pourraient bien faire partie du Conseil des Ministres : 

  • Mélanie Joly a été ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie. Peut-elle s’attendre à un autre mandat?   
  • Ministre sortante de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau a été réélue pour un deuxième mandat.
  • Réélue de justesse, Diane Lebouthillier a siégé à titre de ministre du Revenu national au cabinet des ministres.
  • À son cinquième mandat, Pablo Rodriguez a été nommé ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme en 2018.
  • Ministre sortant de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti est l’une des grosses pointures du Parti libéral.
  • Ancien astronaute, Marc Garneau est le ministre sortant des Transports.
  • Il faudra voir le rôle que Justin Trudeau réserve à François-Philippe Champagne l’ancien ministre du Commerce international et ministre sortant de l’Infrastructure et des Collectivités.

Le premier ministre est demeuré flou quant à la façon dont il entend répondre aux aspirations des Albertains et des Saskatchewanais, qui ont évincé le Parti libéral de la carte électorale dans ces deux provinces, laissant l'impression d’un pays plus divisé que jamais. 

Un Cabinet fédéral comprend habituellement des représentants de toutes les provinces, mais la situation actuelle ne permettra pas d'y parvenir.  D'autres premiers ministres ont déjà nommé des sénateurs au gouvernement, par exemple, mais M. Trudeau tient à ce que les sénateurs qu'il nomme soient non partisans.