Les jeunes et la question d'identité

Trevor Project : au-delà du LGBT

Karl Mayer
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Fugues
Photo prise par © Fugues
Une récente étude menée par l’organisation Trevor Project met en évidence que de plus en plus de jeunes qui appartiennent à la communauté LGBTQ ne s’identifient pas nécessairement comme gai, lesbienne ou bi au profit d’autres identités ou orientations sexuelles telles que la pansexualité, la demisexualité ou l’asexualité.
 
Depuis quelques années on voit émerger de nouveaux termes pour définir des orientations ou identités sexuelles différentes de celles issues des schémas considérés comme plus "classiques". Si pendant longtemps on parlait uniquement d’homosexualité ou de bisexualité, aujourd’hui nombreux sont les jeunes qui ne se reconnaissent dans aucune de ses sexua-lités et qui apprennent à revendiquer leur individualité par le biais de nouvelles définitions. Ainsi d’après une étude intitulée "Diversité d'orientations sexuelles chez les jeunes" réalisée par Trevor Project (l’une des plus grandes organisations mondiales qui œuvrent en faveur de la jeunesse LGBTQ), 1 jeune sur 5 ne se définirait ni comme gay, ni comme lesbienne ou bisexuel.
 
24 000 personnes âgées de 13 à 24 ans ont donc été interrogées et le sondage révèle que 45% des participants s’identifient comme gays ou lesbiennes, 33% comme bisexuels tandis que les 21% restants ont déclaré être "autre chose" en faisant suivre leurs réponses d’autres termes tels que "queers", "asexuels" ou "aromantiques". D’autres ont même associés plusieurs de ces "étiquettes" ensemble afin de donner une explication plus précise de leur rapport à la sexualité. Ces jeunes se définissent par exemple comme des "lesbiennes asexuelles" supposant qu’elles ressentent une attirance purement sentimentale et non sexuelle pour les femmes, ou comme "queer demisexuel" (attiré sexuellement par des personnes pour qui ils éprouvent un lien émotionnel fort) ou encore "panromantique asexuel" (attiré uniquement sentimentalement par une personne peu importe son orientation sexuelle, de son identité, ou de son genre).
 
Autant de nuances, qui prouvent que les jeunes sont aussi plus conscients de leur sexualité et désormais de plus en plus prêts à s’identifier en se détachant des standards imposés par la société. De quoi également venir rappeler que les attirances sexuelles ne correspondent pas forcément à des attirances sentimentales et qu’il est aussi possible que des personnes ne ressentent aucune attirance.
 
Amy Green, directrice de recherche pour le Trevor Project raconte même que davantage de jeunes «sont désormais plus facilement en mesure d'exprimer clairement la différence entre leurs émotions et leurs attractions romantiques et sexuelles à d'autres personnes». Elle précise également qu’une majorité de personnes trans ou non-binaires (soit 40%) avait choisi d’autres qualificatifs que gay, bi ou lesbienne et qu'il était donc important de reconnaître ces termes et de les citer afin que les personnes concernées puissent se sentir elles-aussi représentées. Elle poursuit en expliquant à Bustle que «la représentation positive des identités LGBTQ dans les médias pouvait aussi contribuer à avoir un impact important sur le développement de l'identité des jeunes». 


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