Ouganda

120 personnes arrêtées dans une soirée gaie à Kampala

Yannick LeClerc
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Plus de 120 arrestations ont eu lieu le week end dernier dans un bar gay friendly de Kampala dans le cadre d'un raid policier supposé lutter contre le trafic de drogue. Un prétexte selon la communauté LGBT.

Les clients du "Ram Bar" ont été arrêtés, présentés aux médias et détenus toute une nuit dans un poste de police.

La police de la capitale ougandaise, Kampala, a effectué cette descente dans un bar bondé de personnes LGBT lundi soir et a arrêté plus de 120 clients.

La descente de police était censée lutter contre la consommation de drogue, mais les activistes homosexuels parlent d'un "coup ciblé contre les LGBT". 

Sur les 127 personnes arrêtées - violemment selon les témoignages, 58 ont depuis été libérées, mais autres sont encore incarcérés. 

Elles devraient être traduites en justice pour être officiellement inculpés de possession ou d'utilisation de stupéfiants.

La soirée du dimanche est considérée comme la soirée gay du bar avec des centaines de visiteurs LGBT à cette occasion. Mais un porte-parole de la police a déclaré à la BBC lundi qu'il ignorait le caractère gay de la soirée et qu'il s'agissait simplement de réprimer des violations de la loi sur les stupéfiants.

Cet argument n'est qu'un prétexte pour cibler réellement la communauté LGBT, a commenté le "Kuchu Times". "Etant donné les nombreux bars dans et autour de Kampala où la chicha est maintenant offerte illégalement en Ouganda, on ne peut que se demander pourquoi le Ram a été ciblé pour cette opération".

La police a publié une vidéo dans laquelle on voit des dizaines de personnes dissimulant leur visage. Pour beaucoup de ces personnes, afficher leur homosexualité représente un risque important pour leur sécurité dans un pays très homophobe. 

Le "Kuchu Times" parle d'une "chasse aux sorcières croissante". Il y a à peine deux semaines, la police a arrêté 16 personnes dans un refuge pour homosexuels à la périphérie de Kampala et les avait accusées d'actes homosexuels. Ils ont ensuite été libérés sous caution.

En octobre, il y a eu plusieurs attaques violentes contre des gays, des lesbiennes et des transgenres à travers le pays. Notamment contre le militant LGBT Brian Wasswa qui a été passé à tabac par la foule à son domicile et a succombé à ses blessures.

En Ouganda, l’homosexualité est punie d’une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. 

 

Avec L'AFP