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Le mariage gai en Suède et au Danemark fait chuter le taux de suicide chez les gais

Logan Cartier
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Depuis la légalisation du mariage gay en Suède et au Danemark, le taux de suicide chez les personnes homosexuelles a chuté dans les deux pays, d'après une étude suédo-danoise publiée ce jeudi 14 novembre.

Alors que le mariage entre personnes de même sexe a été autorisé en Suède en 2009 et au Danemark en 2012, les chercheurs de l'Institut de recherche danois pour la prévention du suicide et de l'Université de Stockholm ont comparé les taux de suicide entre 1989-2002 et 2003-2016.

Résultat, leur nombre a baissé de 46 % chez les lesbiennes et les gays entre les deux périodes, contre 28 % chez les personnes hétérosexuelles. «La légalisation du mariage homosexuel et d'autres mesures législatives de ce type peuvent réduire la stigmatisation des minorités sexuelles», estime à Reuters Annette Erlangsen, l'auteure principale du rapport.

Malgré tout, cette étude - qui a suivi plus de 28.000 personnes aux relations homosexuelles pendant onze ans en moyenne - note que les personnes mariées avec un partenaire du même sexe se sont suicidées plus de deux fois plus que les individus hétérosexuels mariés au cours des deux périodes examinées.

De quoi renforcer les précédentes études internationales, qui pointent l'incidence plus élevée des tentatives de suicide chez les personnes LGBT. Selon un rapport datant de l'an dernier rassemblant 35 études provenant de dix pays, les jeunes LGBT (de 12 à 20 ans) ont 3,5 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels du même âge. 

Le tableau est donc encore loin d'être parfait. «Il reste encore un degré considérable d'homophobie, particulièrement contre les hommes gays», déplore à Reuters Morten Frisch, du Statens Serum Institut, un centre de recherche danois. Même en Suède et au Danemark, des pays faisant pourtant figure de modèles pour les droits des LGBT. En effet, un homme danois sur trois considère que le sexe entre deux hommes est moralement inacceptable, d'après une étude parue en octobre.