MIEUX VIVRE AVEC LE VIH

Pour combler encore le manque de fonds du fédéral

André-Constantin Passiour
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 Barbada de Barbades

Pour ce 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, la Maison Plein Cœur, mise sur pied en 1991, lance sa campagne de financement. Plusieurs activités se grefferont à cette campagne de financement. Et il y aura aussi des surprises qui s’en viennent, mais dont on ne peut parler pour ne pas «vendre le punch»! Trois porte-paroles ont été «embrigadés» pour relayer le message des services d’aide de la Maison Plein Cœur à une population vivant avec le VIH-sida.

Encore cette année, la Maison Plein Cœur est dans une offensive pour sensibiliser la communauté au fait que, non, malgré les pas de géants, tout n’est pas réglé avec le VIH-sida et que des gens ont encore besoin d’appui. Ce sont un peu plus de 500 personnes – hommes, femmes et familles – qui bénéficient chaque année des divers services offerts par la Maison Plein Cœur. C’est pourquoi, entre autres, on a requis les services des porte-parole Barbada de Barbades, la drag-queen montréalaise bien connue, la comédienne et auteure Anna Beaupré Moulounda et Denis-Martin Chabot, ex-journaliste à Radio-Canada et auteur lui-même, en tant que porte-parole séropositif.
 
«Il y a eu des avancées, oui, il y a des gens qui vivent bien avec les traitements, oui, mais d’autres non, explique Denis-Martin Chabot, qui est aussi le coordonnateur au développement de la Maison Plein Coeur. Certaines personnes souffrent de troubles d’angoisse, d’anxiété, etc. Il y a des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), mais il y a aussi des trans, des personnes racisées, des autochtones. À Plein Cœur, il y a beaucoup de personnes racisées, surtout des femmes. C’est donc un défi de pouvoir soutenir toutes ces clientèles avec le peu de moyens que nous avons.»
 anna
«Une chance que j’t’ai, Maison Plein Coeur»
 
Oui, c’était une chanson populaire interprétée, à l’époque, par Jean-Pierre Ferland. «C’est le slogan de notre campagne 2019 parce que ce sont des services essentiels que nous rendons à beaucoup d’usagés, poursuit Denis-Martin Chabot. Et aussi parce que nous combattons la stigmatisation et la sérophobie. Parce que la stigmatisation et la sérophobie sont pires que le virus lui-même. Dans cette campagne, justement, on va au-delà de simplement dire aux gens de donner, on veut démonter les préjugés via plusieurs actions. Notre campagne va faire appel au dévoilement, de demander aux gens qui le veulent de sortir de l’ombre et dire pourquoi la Maison Plein Cœur est importante pour eux.»
 
Cet été, lors de Fierté Montréal, Denis-Martin Chabot a reçu le Prix Claude-Tourangeau pour son implication dans le milieu VIH-sida. «Ma vision est qu’un jour on arrête de se cacher nous les personnes séropositives, nous ne sommes pas des monstres […], souligne-t-il. Que le VIH devienne comme le diabète, c’est ce à quoi je rêve parce que, lorsqu’on est traité, qu’on est indétectable, on est intransmissible, donc le VIH ne se propage plus. Je rêve qu’un jour tout le monde pourra faire son coming-out en tant que séropositif. […]»
 
«Notre objectif cette année est de 30 000$. L’an passé, la cible était de 20 000$ et nous avions récoltés 26 000$, indique Denis-Martin Chabot. Donc, on s’est dit qu’on devrait atteindre les 30 000$ en 2019. Les Cosmétiques MAC ont enregistré une baisse de revenus de leur rouge à lèvre qui financent les organismes venant en aide aux personnes vivant avec le VIH-sida. De plus, il y a eu la coupe de 100 000$ d’argent du fédéral. Avec tout ça, on a dû couper un jour de service au centre de jour et les employés ont eu une baisse de 10% de leur salaire. Par contre, les dépenses, elles, n’arrêtent pas d’augmenter alors que nos services sont essentiels et que nous sommes pris avec un budget avoisinant le demi-million de dollars et qui, lui, ne hausse pas.»
 
Bien entendu, il y aura une vigile au parc de l’Espoir le dimanche du 1er décembre aux alentours de 17h30. On nous annonce aussi qu’il y aura un événement d’éclat à midi cette journée-là. Mais on ne peut parler des détails pour l’instant.
 
Comme l’an passé, on pourra assister à un événement bénéfice de Fierté Littéraire, en janvier 2020, et à une activité spéciale pour le 14 février, jour de la Saint-Valentin, qui clôturera ainsi la campagne de financement 2019-2020.
 
Maison Plein Cœur 1611, rue Dorion, Montréal.  514-597-0554 ou Maisonpleincoeur.org