Transgenre

Donald Trump parle de Chelsea Manning comme d'un homme

Chantal Cyr
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Le président américain a évoqué la lanceuse d’alerte transgenre Chelsea manning en parlant d'elle comme d’un "jeune homme".

Donald Trump s’en est pris lundi 25 novembre à l’ancienne analyste de l’armée américaine Chelsea Manning. Le président américain a furtivement désigné la lanceuse d’alerte, femme transgenre, comme un « homme », alors qu’il s’adressait à la presse à propos de sa décision de gracier un officier de l’armée condamné pour crime de guerre. La principale intéressée n’a pas tardé à lui répondre.

Voulant se mettre en opposition avec Barack Obama, dont il pense qu’il a été trop clément avec certains criminels, Donald Trump a évoqué le cas de Chelsea Manning : « On a laissé s’échapper des personnes, dont un jeune homme, qui est une personne qu’Obama a laissée s’échapper et qui a volé des quantités énormes d’informations classifiées, s’est-il indigné. […] La personne dont je parle est Chelsea Manning, au fait, si vous aviez un doute », a-t-il ajouté après un moment.

Chelsea Manning lui a répondu par l'expression préférée des milleniaux "Ok boomer!" qui désigne quelqu’un de la génération du baby-boom afin de souligner l'âge de son interlocuteur pour le disqualifier. "Ceci est une réponse officielle", a-t-elle ajouté.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump présente Chelsea Manning comme un homme : en août 2017, il avait ainsi utilisé le pronom « il » pour parler d’elle, dans une de ses attaques à son égard.

Chelsea Manning a commencé sa transition en 2013.

Chelsea Manning a été condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir fait fuiter des documents classifiés à Wikileaks, notamment sur la mort de civils pendant la guerre d’Afghanistan. Sa peine a cependant été commuée par Barack Obama, et elle a pu être libérée en mai 2017, sept ans après son arrestation le 20 mai 2010. Elle n’a cependant pas été graciée, contrairement à ce qu’a plusieurs fois laissé entendre Donald Trump.

Elle est retourné en prison en mars 2019 lorsque pour avoir refusé de témoigner devant un grand jury enquêtant sur l'affaire WikiLeaks et a été libérée pour une raison technique.

 

Rédaction avec L'AFP