Enquête

Les thérapies de conversion encore plus pernicieuses en France qu'aux États-Unis

Chantal Cyr
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Photo prise par © Jean-Loup Adenor et Timothée de Rauglaudre

Pendant deux ans, deux journalistes ont mené l'enquête. Contrairement à leurs modèles américains, les structures françaises n'ont pas pignon sur rue. Mais les ravages sont bien là.

Pendant deux ans, ils ont mené l’enquête et pendant près de neuf mois l’un d’eux s’est fait passer pour l’un des leurs. En France, en 2019, il existe bel et bien des thérapies de " conversion " pour homosexuels. Au début de leurs investigations, Jean-Loup Adenor et Timothée de Rauglaudre n’y croyaient pas. Aujourd’hui, ces deux journalistes nous signalent quels sont ces groupes cachés en France et pourquoi ils sont moins détectables et ainsi plus pernicieux encore qu’aux États-Unis. 

Confessions, groupes de paroles intimes, retraites spirituelles aux allures de colonies de vacances... Pour un néophyte comme pour un croyant, difficile de détecter derrière ces aspects traditionnels de la religion catholique et évangélique, l’ombre trouble des thérapies de conversion ou de guérison en France. Les traits du paysage américain sont plus nets.

Racines américaines

Dans ce pays où le rapport à la religion est plus décomplexé, l’organisation et la communication autour de réunions et de parcours proposant de " guérir " voir de " changer " l’orientation des homosexuels et lesbiennes se déroulent sans ambiguïté. Ainsi des groupes dits " ex-gays " comme " Exodus international " d’abord, puis " Courage " ou encore " Desert stream living waters " affichent clairement leurs intentions et leur certitude de pouvoir venir en aide aux personnes dont ils considèrent la sexualité déviante.