Ailleurs – Paris

Le singulier hôtel Sinner

Yannick LeClerc
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hôtel Sinner
Photo prise par © hôtel Sinner
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  • hôtel Sinner
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Les quarante-trois chambres et suites de cet hôtel ont été pensées comme des cellules monastiques de luxe. À l'hôtel Sinner, situé au cœur du Marais, Tristan Auer a rassemblé en un seul et même lieu l'héritage religieux et historique, le glamour et le mystère d'une adresse singulière où l’on trouve un restaurant ethnique et un spa de luxe...
L’hôtel est situé dans le Marais, le quartier gai / juif, occupé au XIIe siècle par des ordres religieux dont les Templiers. Tristan Auer a souhaité reprendre ces codes décoratifs forts, qui sont passés dans l’inconscient collectif, les mêlant avec l’architecture industrielle qui m’est chère. Cette inspiration est très personnelle, faisant référence en priorité à ses souvenirs d’enfance, les sons, les odeurs et la réminiscence. Ainsi, pour les alcôves de l'entrée, il a choisi trois sculptures qui donnent le ton, de l’étrangeté, de l’insolence, des surprises... Chaque alcôve est en réalité un ex-voto inspiré par de vrais protagonistes qui ont travaillé sur le projet. Le côté scénographique met en valeur les réceptionnistes et avant tout le service. On découvre alors leur costume très strict et rigoureux, mais néanmoins fluide grâce à l’effet du pan de tissus ressemblant à une robe.
 
Avec ses tons rouge brique brillant, le lounge fait référence aux années 1980, festives et généreuses. Du restaurant, l’oeil s’échappe vers un univers en perpétuelle évolution. C’est l’attention permanente aux plantes, à leur soin et à leur taille qui m’intéresse ici, comme un acte de concentration presque mystique, méditatif.
 
Les chambres
DEn pénétrant dans chacune des chambres, on ressent une sensation de l'étrange, du vibrant, de quelque chose de puissant avec ses reflets au plafond grâce aux petits miroirs. Il s'agit d'espaces unisexes, dont Auer a réalisé la signalétique, deux sculptures en bronze, un homme et une femme.
 
Le lobby-bar
Il est baigné bien sûr par un vitrail, dont Tristan Auer est passioné. Faire un vitrail anti-effraction et résistant au feu est une première au monde. Le mobilier se devait d’être souple, appelant à s’affaler. Le bar est la fin de scène, comme un autel mettant en valeur le chef barman embrumé en permanence pour créer une ambiance cinématographique à la Ridley Scott, grand amateur de cet effet. Les matières sont sobres et authentiques pour qu’elles se patinent plus qu’elles ne vieillissent : chêne massif, aluminium, pierre, plâtre, terre cuite au sol.
 
Dans une structure qui rappelle certains édifices religieux, mais aussi la cimenterie de Ricardo Bofill, la chaleur vient des éléments terrestres : les carreaux de terre cuite faits sur-mesure, les meubles confortables, les chaises de Warren Platner indémodables, les objets divers surtout en céramique... 
 
Les murs en béton blanc brut sont habillés de panneaux de chêne pour recréer des alcôves enveloppantes. Auer a voulu rythmer les espaces afin de revenir dîner sans avoir l’impression que l’on est toujours dans le même restaurant... Un menu d’espaces en fait. La cuisine est ouverte en format cinémascope avec son plafond en miroir. 
 
116 rue du temple Paris 3e – France 
Tél : 01 58 12 03 03
sinnerparis.com