Jusqu’au 19 avril 2020

Expo Keith Haring à Bruxelles

Yannick LeClerc
Commentaires

Décédé, il y a maintenant 30 ans, l’artiste américain Keith Haring est une légende de la peinture autant que de l’activisme contre le sida, des suites duquel il est décédé. Artiste urbain (il a beaucoup peint dans les rues, dans les couloirs du métro à New York, Keith Haring a décliné ses couleurs vives et contours noirs dans des affiches, des fresques murales et des installations pour dénoncer le racisme, l'homophobie ou encore l'armement nucléaire dans le New York des années 80. Son œuvre tout autant artistique que militante fait l’objet d’une rétrospective inédite pour les 30 ans de sa disparition à Bozar à Bruxelles. 

L’artiste fut l’ami et le collaborateur d’Andy Warhol et de Jean-Michel Basquiat. « Son travail, révélateur de son époque, s'exposait tant sur les murs de New York que dans les galeries. Il comblait ainsi le fossé entre la rue et le milieu de l'art », souligne le commissaire de l'exposition, Darren Pih.

On pourra en juger avec ses affiches promouvant l'usage du préservatif alors que le virus du VIH fait des ravages parmi les jeunes homosexuels ou celles dénonçant l'apartheid en Afrique du Sud. Dans les années 80, New York était très exposée au racisme, aux injustices sociales, aux problèmes de logements... Keith Haring, lui-même issu d'une famille conservatrice, était ouvertement gai et a inscrit son parcours artistique dans cette confrontation et cette dénonciation des maux de la société.

Bozar propose aux visiteurs-trices de découvrir au fil des salles d'exposition plus de 85 dessins, peintures, vidéos, collages, fresques murales et documents d'archives, notamment au cours de visites guidées non conventionnelles, rapporte l’agence d’infos Belga. Ainsi des personnalités telles que Rachael Agnes Moore, coordinatrice noire et bisexuelle de la RainbowHouse à Bruxelles, le graffeur bruxellois Dema ou encore la journaliste indépendante et fondatrice du Café Congo Gia Abrassart livreront leur lecture de l'œuvre de Keith Haring.

« Le système artistique a toujours été ethnocentré et élitiste. En tant qu'institution publique, il est important de pouvoir offrir un autre regard sur l'art », commente Alberta Sessa, conservatrice en chef à Bozar. «Organiser cette rétrospective en Belgique était par ailleurs important car c'est un endroit où Keith Haring se sentait bien, en paix», rappelle Tamar Hemmes, commissaire adjointe du Tate Liverpool.

La rétrospective, ponctuée de nombreux événements, se tiendra à Bozar du 6 décembre 2019 au 19 avril 2020. Elle mettra ensuite le cap sur la ville allemande d'Essen au musée Folkwang.