Le 5 mars 2020

Les Ballets Trockadero, un pur bonheur

Denis-Daniel Boullé
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On ne se lasse pas des Ballets Trockadero. Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore vu ces danseurs portant fièrement tutus, collants, et chaussons à pointe, l'occasion est rêvée de se précipiter le 5 mars prochain au Théâtre Maisonneuve les applaudir. Une performance qui rencontre les standards du ballet classique, et le tout sous le sceau d'un humour joyeux. 

Le projet a dû sembler fou à la création de ces ballets en 1974. Une époque où la parodie de ballerines par des hommes relevait du grand guignol. Avec les ballets Trockadéro, le changement de registre est notable. Des danseurs classiques qui ont dansé pour les plus grandes compagnies s'offrent le luxe de s'approprier les rôles féminins avec tout tout le talent, toute la finesse et la grâce de leurs consoeurs. Ils reprennent ainsi des grands rôles du répertoire, de la Mort du cygne à Gisèle, et y infusent une petite dose d'humour. La recette est gagnante.
 
Les Ballets TrockaderoDepuis 45 ans, les «Trocks» comme on les appelle familièrement sillonnent les quatre continents et sont toujours en demande. Et la troupe se renouvelle toujours avec de nouveaux danseurs qui entament, pour certains, une seconde carrière.
 
Pour le maître de ballet, Raffaele Morra, qui a intégré les Trocks au début des années 2000, ce fut un coup de foudre. Formé à l'école des ballets classiques puis commençant comme chorégraphe contemporain à Turin, le passage dans sa ville de cette troupe framboyante l'a décidé à vouloir en faire partie. «Il  y avait un plaisir à les voir que l'on ne retrouve pas toujours en danse contemporaine comme en danse classique, nous confie Raffaele Morra au téléphone, et comme j'ai toujours aimé la comédie et que j'avais l'expérience des grandes oeuvres de ballets classiques, j'ai tout de suite embarqué».
 
Les raisons qui poussent ces danseurs à revêtir les tutus et chausser les fameuses pointes sont variées. Certains parce qu'ils rêvaient de danser sur pointe, d'autres parce que les choix de rôle pour hommes étaient trop limités. 
 
Quant au travail, il reste le même que pour une production classique d'une grande oeuvre. « L'exigence est la même pour tous, on se doit d'être au meilleur dans l'expression et la justesse des mouvements, et c'est peut-être un peu plus difficile puisqu'on y  ajoute un peu d'absurde, mais sans que la performance en elle-même, sans que la qualité n'en soient affectées», continue le maître de ballet. 
 
Au fil des décennies, la troupe s'est renouvelée, mais aussi les morceaux choisis présentés au public. «Bien sûr, nous avons des pièces incontournables que le public veut voir et revoir, comme La mort du cygne, mais nous intégrons toujours de nouvelles pièces comme nous choisissons aujourd'hui des pièces de chorégraphes contemporains de danse classique contemporaine, comme Merce Cunningham». 
 
Si dans les premières années, les Ballets Trockadéro avaient un public choisi, au fil du temps, ils ont conquis tous les publics et de tous les âges. Aujourd'hui de plus en plus d'enfants et d'adolescent.es viennent avec leurs parents et leurs ami.es passer une bonne soirée. «Pour beaucoup de jeunes, c'est une façon de découvrir la danse classique, de la rendre accessible à tous et à toutes, et de montrer qu'elle n'est pas réservée à une élite», conclut Raffaele Morra. 
 
Alors, à vos tutus, vos collants, vos chaussons à pointe, et laissez-vous aller à une superbe soirée, car les «Trocks», on peut les consommer sans modération. 
 
Les Ballets Trockadero, le 5 mars 2020, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts  placedesarts.com