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Pour Trudeau l'interdiction des thérapies de conversion est une priorité absolue

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Le Premier ministre Justin Trudeau fait de l'interdiction de la pratique des thérapies de conversion sexuelle une «priorité absolue» de son nouveau gouvernement.

Vendredi dernier, le premier ministre Justin Trudeau a remis sa nouvelle lettre de mandat au ministre de la Justice. Le document indique la marche à suivre sur plusieurs enjeux allant de l’interdiction des « thérapies de conversion » contre les personnes LGBT jusqu’à l’obligation pour les juges de suivre une formation en droit des agressions sexuelles. 

Justin Trudeau veut également que David Lametti travaille de concert avec la ministre fédérale de la Santé pour répondre à un jugement rendu en septembre qui a déclaré inconstitutionnelle une partie de la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir. La Cour supérieure du Québec a rejeté le critère selon lequel les personnes doivent être proches d’une « mort naturelle raisonnablement prévisible » pour avoir accès à ce service.

La décision du Premier ministre d'aller de l'avant dans son second mandat avec une interdiction nationale a été saluée par les militants et alliés LGBT canadiens.
«Il s'agit d'une véritable occasion pour le Canada de faire preuve de leadership sur la scène mondiale lorsqu'il s'agit d'adopter la législation la plus stricte au monde. Pour démontrer clairement que la thérapie de conversion n'a pas sa place dans notre société ou notre civilisation», a déclaré le professeur Kristopher Wells, opposant de longue date aux thérapies de conversion.

La très grande majorité des experts médicaux considèrent que les interventions visant à modifier l’orientation sexuelle d’une personne sont pseudo-scientifiques et inefficaces, et souvent profondément nocives pour les personnes qui y sont soumises. 

Quelques provinces canadiennes (mais pas le Québec) ont déjà émis des restrictions sur les formes de thérapie de conversion, mais le pays n'a pas encore d'interdiction pure et simple.

L'année dernière, plus de 70 000 Canadiens ont signé une pétition demandant au gouvernement de les interdire, mais le gouvernement fédéral avait d'abord soutenu qu'il s'agissait, en grande partie, d'une question provinciale et territoriale, avant de dire qu'il envisageait la possibilité de le faire.