Santé sexuelle

Selon une enquête française, les hommes gais dépendent de la porno

Yannick LeClerc
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Cette étude commandée par le site de cam CAM4 confirme que les gais sont plus accros au porno que les hétéros. L’institut de sondage français Ipsos a interrogé, à l’aide d’un questionnaire auto-administré en ligne, 848 hommes homosexuels et bisexuels, issus d’un échantillon global de 12137 d’hommes et de femmes âgées de plus de 18 ans et résidant en France sur leur consommation de pornographie en ligne et de sites de webcam, leurs pratiques masturbatoires, ou encore l’envoi de photos d’eux, complètement nu ou spécifiquement de leur pénis. 

Selon les données récoltées, la consommation de films pornographiques chez les hommes gais et bisexuels est plus importante que chez les mecs hétéros. 39% des gays, bis ou hétéros curieux déclarent en regarder du porno au moins une fois par semaine contre 14% chez les hétérosexuels. Et 13% des personnes interrogées déclarent en visionner «tous les jours ou presqu», contre à peine 2% des hétéros. Parmi ces 13%, on compte une grande partie de moins de 25 ans, ou de personnes non diplômés, racisés, habitants des banlieues populaires ou de milieux ruraux...

Selon François Kraus, statisticien à l’Ifop, «les minorités sexuelles retrouvent dans les espaces virtuels numérique l’entre-soi et l’anonymat qu’ils peuvent ou ont pu avoir dans les espaces communautaires comme les bars, les backrooms les boites de nuit. Cela créé un confort dans lequel ils peuvent exprimer leurs fantasmes et assumer pleinement leur vie sexuelle. Ce qui n’est pas toujours le cas dans leur vie réelle ».

Un espace tellement confortable que parfois, on en devient accro. En effet, plus d’un tiers (37%) des hommes interrogés dans l’étude déclarent eux-même être addicts à au moins une forme de «stimulation sexuelle artificielle», soit à des sites pornographiques, à des sites de cam, ou à l’échange de nudes. Car même si «ces sites ont une vocation sociale», pour François Kraus «l’isolement et la stigmatisation dont sont victimes une partie des hommes gays ou bisexuels par rapport aux autres populations crée une forte disposition à l’usage de ces outils numériques et un risque élevé de dépendance ». 

Et la «stimulation sexuelle» ne vient pas sans se faire plaisir. 62% des hommes gais ou bisexuels déclarent pratiquer la masturbation au moins une fois par semaine, contre 44% des hétérosexuels. Et 80% des hommes qui déclarent se masturber tous les jours regardent aussi des scànes porno de manière quotidienne.

L’enquête explore aussi les nouveaux usages de la sexualité, et notamment des webcams. Près de la moitié des hommes interrogés ont déjà regardé quelqu’un s’exhiber en direct devant ne webcam, et 35% d’entre eux se sont déjà exhibé devant une webcam. Parmi eux, 21% ont déjà fait l’amour en direct avec quelqu’un devant une webcam ou la caméra de leur téléphone. Pour l’institut de sondage, ces pratiques sont «beaucoup plus stimulantes» pour certains et jouent un rôle important dans la sexualité de jeunes homosexuels ou bisexuels qui n’assument pas encore leur sexualité, ou ne disposent pas d’un espace pour s’adonner à des jeux sexuels. 

L’échange de photos de soi nu est également très populaire, puisqu’un peu plus de 50% des hommes interrogés ont déclaré avoir déjà reçu une photo d’une personne nue dénudée, et 38% ont déjà envoyé une photo d’eux dénudés.