Alex Francoeur

Finaliste surprise de Révolution

Samuel Larochelle
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Photo prise par © Fugues
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Alex Francoeur a dansé en solo lors de la grande finale de Révolution II. Pourtant, c’est en duo avec Alexandre Carlos qu’il a épaté plus de 1,3 millions de téléspectateurs tout l’automne. Spécialement en demi-finales, lorsqu’ils ont présenté une chorégraphie émouvante à propos d’un coming-out entre un fils et son père.

Quand les deux artistes ont cherché un thème personnel en vue de la demi-finale, l’idée s’est imposée. «On a mis plein de sujets sur un papier et c’était la seule thématique très forte qu’on avait en commun, explique Alex. On a fait notre coming-out à 17 ans tous les deux. Le concept nous permettait d’être également impliqués dans le numéro.» La chorégraphie débute avec des paroles et des gestes de violence, mais cette partie est fictive. «Nos pères ne nous ont jamais battus. On voulait partir d’une situation plus extrême que la nôtre et aller vers un point où ça va mieux, quand Alexandre m’attrape, lorsque je me laisse tomber de la table. À partir de là, les deux hommes doivent apprendre à se connaître et se comprendre en faisant preuve de vulnérabilité.»
 
Leur numéro a mis en lumière la rareté des duos masculins en danse contemporaine. «Il y a toujours ce mythe qu’il faut un partenariat gars-fille, mais il y a quelque chose de magique qui se passe quand deux gars dansent ensemble. C’est tellement beau et élégant.» Étant plus petit et plus léger que son partenaire, Alex est celui qui se faisait soulever lors des nombreux lifts. «On blaguait souvent que j’étais la fille du duo à cause de ça, mais en général, on ne s’arrêtait jamais pour se demander si tel mouvement était plus viril ou plus féminin. En contemporain, il n’y pas trop de division. Et on ne s’est jamais demandé non plus si ça faisait trop gai ou trop couple.»
 
Parce que non, ils ne sont pas en couple et ils ne l’ont jamais été. Les deux Alex se sont connus lors d’un camp de danse à l’adolescence et se sont recroisés à l’école de danse contemporaine des années plus tard. Évoluant dans les mêmes cercles amicaux, ils ont eu l’idée de danser ensemble, pour le plaisir, il y a trois ans. «Notre amitié a réellement débuté quand on a commencé à danser ensemble. On a appris à se connaître. Quand l’autre est frustré, tu le ressens dans sa danse et tu en parles. On partage beaucoup d’émotions dans un studio de danse.» Le temps leur a permis de réaliser à quel point ils sont complémentaires. «Alexandre est très calme, alors que je suis une bibitte qui saute partout et qui veut tout essayer. Il fait le tri dans mes idées. Il est très posé, alors je le motive à essayer des choses. C’est facile. Il y a un non-dit entre nous quand on danse.»
 
Cette relation artistique organique les a poussés à s’inscrire à Révolution, en prenant d’abord l’expérience à la légère. La preuve: Alex Francoeur, qui vit à Los Angeles depuis des années, avait prévu passer deux semaines à Montréal pour préparer l’audition initiale, participer au tournage en mai et repartir aussitôt. «Je n’avais même pas apporté mon linge avec moi. Je pensais faire plaisir à mes parents en passant à la télévision québécoise, mais sans être sélectionné. On s’est fait prendre par l’aventure. Six mois plus tard, je ne suis toujours par retourné!» En effet, le tandem a gravi les échelons un par un, surprenant les juges chaque semaine et chauffant les fesses des éventuels grands gagnants, Marcio et Janie, lors de la demi-finale.
 
Si les téléspectateurs se préparaient à voir une chaude lutte entre les deux duos en finale, un élément inattendu est venu tout chambouler: un conflit d’horaire du côté d’Alexandre Carlos, qui devait aller danser avec le Cirque du Soleil. «Il avait signé auparavant. On pensait arranger les horaires, mais à la dernière minute, ça n’a pas fonctionné. Il était pris entre vivre son rêve et me laisser seul.» La décision est finalement tombée: Alex Francoeur a perdu son partenaire pour la finale. En apprenant la nouvelle, il imaginait être éliminé automatiquement par la production de Révolution. «Je n’ai jamais dansé en solo avant et je ne pensais pas que c’était une option non plus. Finalement, ils m’ont dit qu’ils ne voulaient pas me laisser partir et que je méritais ma place en finale. J’ai eu peu de temps pour chorégraphier le solo.» Un défi qu’il a trouvé vertigineux. «Danser seul, c’est très vulnérable. Tous les yeux sont rivés sur toi. Tu te retrouves sur une immense scène et tu te sens tout petit, alors tu sens que tu dois en faire beaucoup. Il faut arriver à trouver l’équilibre… ce qui prend habituellement plus que deux semaines.»
 
Cette place en finale lui assurait une participation à la méga tournée des finalis-tes de Révolution 2 et des Coups de cœur de Révolution 1 à travers le Québec, en 2020. Un mélange de numéros phares des deux saisons et de créations. Durant les Fêtes, on a également vu Alex Francoeur au spécial de fin d’année d’Infoman et d’En direct de l’univers. Et sa carrière américaine n’est pas en reste. Ayant déjà à son actif des performances auprès d’Ariana Grande, de Céline Dion et de Jason Derulo, il a pris part au film A week away, une comédie musicale à la "High school musical", qui sortira en 2020, et on le verra dans un énorme projet américain dont il refuse pour l’instant de révéler les détails.