Droits de l’homme

Le gouverneur de Dar es Salaam interdit d’entrée aux États-Unis

Karl Mayer
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Washington a interdit d'entrée aux États-Unis un puissant gouverneur tanzanien qui a lancé une répression contre les homosexuels, a annoncé le département d'État américain.

Dans un communiqué daté de vendredi, l'administration américaine souligne que la sanction prise contre Paul Christian Makonda, commissaire régional de Dar es Salaam - la capitale économique de la Tanzanie - intervient dans un contexte de préoccupations croissantes sur les violations des libertés fondamentales dans ce pays africain. 

Cette sanction «contre Paul Christian Makonda souligne notre préoccupation face aux violations et abus des droits de l'homme en Tanzanie¢, selon les termes du communiqué américain. 

Makonda et son épouse, Mary Felix Massenge, sont désormais interdits d'entrée aux États-Unis. 

«Le Département d'État désigne publiquement Paul Christian Makonda (...) pour son implication dans des violations flagrantes des droits de l'homme, notamment le déni flagrant du droit à la vie, à la liberté ou à la sécurité des personnes», affirme Washington. 

«Il a également été impliqué dans l’oppression de l’opposition politique, la répression de la liberté d’expression et d’association, ainsi que pour le ciblage d’individus marginalisés¢, selon la même source. 

En octobre 2018, Makonda a lancé une campagne de dénonciation des homosexuels, promettant des arrestations. L'homosexualité est considérée comme un crime en Tanzanie, puni d'une peine maximale de 30 ans et pouvant aller jusqu'à la prison à perpétuité. 

Le président tanzanien John Magufuli a ensuite pris ses distances face à une cette politique, expliquant qu'elle ne reflétait pas les vues de son gouvernement dans un contexte pourtant marqué par des critiques croissantes sur son bilan en matière de droits de l'homme.

«Les États-Unis restent profondément préoccupés par la détérioration du respect des droits de l'homme et de l'état de droit en Tanzanie», souligne le communiqué américain. 

Le département d’Etat appelle enfin le gouvernement tanzanien à «respecter les droits humains et les libertés fondamentales, dont les libertés d’expression et d’association et le droit de se rassembler pacifiquement». 

Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé fin octobre un recul inédit des libertés fondamentales en Tanzanie depuis l'arrivée au pouvoir fin 2015 du président John Magufuli, dont le gouvernement a multiplié les actions répressives contre les médias, la société civile et l'opposition.