20 au 29 février 2020

Massimadi 2020 : Envisager le futur

Yves Lafontaine
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Massimadi 2020 : Envisager le futur

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, le festival Massimadi présente, du 20 au 29 février, des films et documentaires aux thématiques gaies, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBTQ+) mettant en vedette les membres des communautés noires. 

Plateforme pour faire connaître les talents locaux des communautés noires et faire rayonner la culture LGBTQ+ afro à travers des présentations artistiques, le festival est aussi un véritable lieu d’échange culturel où tout le monde est bienvenu avec ses panels de discussion et ses projections de films. Pour sa 12e édition, la thématique du festival est AfroFuturisk, une manière de proposer, en ce début de nouvelle décennie, une programmation où des artistes afro queer envisagent le futur en questionnant les enjeux actuels, qu’ils soient politiques, migratoires, sociaux ou environnementaux. 
 
FabulousAu total, vingt-cinq films en provenance d’une douzaine de pays y seront présentés, dont plusieurs premières québécoises : Our Dance of revolution, Fabulous, Transfinite, Blackn3ss, Zurura Zurura et Anemone.
 
On retiendra notamment la présentation (mercredi 26 février), au Cinéma Moderne, de Fabulous, un documentaire français d’Audrey Jean-Baptiste, sur l’icône internationale de la scène voguing  et militante LGBTQ, Lasseindra Ninja, qui retourne en Guyane, son pays d’origine, après plus de dix ans d’absence. Elle y va pour y donner  une classe de maître de Voguing, une première, sur ce territoire où l’homo-sexualité est un sujet très sensible. La présentation du documentaire sera précédée par Badasser, un court métrage qui suit le parcours de trois femmes DJ dans la scène hip-hop de Toronto. Leur audace permet d’ouvrir la voie à une génération de femmes et de personnes LGBTQ, autrefois exclues des normes sociales et culturelles du milieu du hip-hop. 
 
Parfois, il faut des électrochocs pour comprendre que le statu quo  défavorise certaines personnes au sein de nos communautés LGBTQ+. On se souviendra qu’en 2016, le groupe Black Lives Matter avait interrompu la défilé de la fierté à Toronto pour braquer les projecteurs sur la discrimination systémique dont font l’objet les minorités Our Dance  of Revolutionracisées dans la société et en particulier dans la métropole canadienne. Si vous voulez un peu mieux comprendre d’où vient la frustration légitime des activistes de Black Lives Matter je vous recommande le visionnement de Our Dance of Revolution, le documentaire de Phillip Pike (présenté le lundi 24 février au H-110 de l’Université Concordia). À travers les témoignages de militants et d’artistes, Pike raconte l'histoire et les façons dont les queers noirs de Toronto ont fait face à toutes sortes d’adversités — de l'invisibilité à la brutalité policière —, et ce, depuis quatre décennies, et forment  une communauté vibrante et inspirante. La présentation sera précédée de Clash,un court documentaire expérimental qui critique le manque de diversité à l'écran en Grande-Bretagne, aujourd'hui. 
 
Du côté des œuvres surprenantes, on pourra voir (le vendredi 28 février au Musée McCord) le film de Neelu Bhuman, Transfinite, un long métrage fantaisiste de style nouvel âge, composé de sept sketchs autonomes où des personnes trans — et surnaturelles — de diverses cultures utilisent leurs pouvoirs pour protéger, aimer, enseigner, combattre et prospérer. Dans le même programme on pourra voir Blackn3ss qui nous plonge dans la vie de jeu-nes Noirs de Sao Paulo qui explorent les concepts de leur négritude et de leur identité de genre.
 
A Hazy Collision  de Gaëlle ElmaDes courts métrages ont été regroupés en fonction de certaines thématiques. Au Musée McCord, on pourra ainsi voir, le 21 février, SANS BORNES : une collection de 7 courts métrages (Baby, Other Loving, Batty Boy, Go Go, Boy!, If this is wrong, My Grandson, Charlotte et Tell by Date), qui explorent sans compromis les questions de l’amour inconditionnel, de la passion, de l’importance de l’identité ou de la recherche de ses origines. 
Le 25 février (toujours au McCord), ce sont les questions de la MOUVANCE et de l’émigration qu’abordent de manière fort différente quatre films : Another Dream, Mukwano, The World is Round so that Nobody can Hide in corners et Zurura Zurura.
 
Quant au 22 février,  place à NOS?RITES, à la Salle J.A de Sève de Concordia, une sélection de six œuvres (Ladies Day, The One you never Forget, Outdooring,?Anemone, Ifttn et?Skies are not just Blue) qui questionnent la confrontation entre les identités sexuelles, religieuses, ethniques et de genre.
 
Après quatre décennies, d’activisme et de luttes, comment l’avenir se dessine pour les personnes queer au sein des communautés noires?  C’est la question qui sera au cœur d’un panel de discussion que tiendra Massimadi à la Maison d’Haiti, en début d’après-midi, le dimanche 23 février. Ce panel, animé par Béatrice Lafortune, regroupera sur scène l’auteure et activiste queer Makeda Silvera et l’activiste Torontois Douglas Stewart (qu’on voit, tous les deux, dans le documentaire Our Dance of Revolution) ainsi que l’écrivain et réalisateur Laurent Maurice Lafontant,                organisateur du festival Massimadi. 
 
Amateurs de photos?  Une visite guidée de l’exposition « A hazy collision » de Gaëlle Elma au centre Never Apart est prévue (le samedi 29 février en après midi, mais    ­l’expo est accessible jusqu’au 4 avril). Gaëlle Elma est une photographe autodidacte haïtienne qui réside à Montréal. Grâce à ses photographies, elle remets en question les préjugés concernant la sexualité, les corps humains et l’identité noire et les présente avec une honnêteté et une sensibilité qui font souvent défaut dans les médias. 
 
Le soir même, dans le cadre de la Nuit Blanche et comme événement de clôture, Massimadi propose une soirée dansante, précédée d’une performance de BACKXWASH & Mechant Vaporwave (VJ) à la Sala Rossa.
 
12e Massimadi, festival des films et des arts LGBTQ+ afro,
du 20 au 29 février 2020.
À La Sala Rossa - Musée McCord - Cinéma J.A De Sève Concordia - Maison d'Haïti
 
Anemone