Brésil

Un suspect de l'assassinat de la militante LGBT Marielle Franco tué par la police

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Le chef présumé d'une milice paramilitaire de Rio de Janeiro soupçonnée d'avoir orchestré l'assassinat de l'élue noire et militante LGBT Marielle Franco a été tué dimanche par la police dans l'État de Bahia, ont annoncé les autorités locales.

Adriano Magalhães da Nobrega, qui était considéré comme fugitif depuis plus d'un an, «a été localisé par la police dans la zone rurale de la ville d'Esplanada», à environ 170 km au nord de Salvador, capitale de Bahia, a précisé le secrétariat à la Sécurité de cet Etat du nord-est du Brésil dans un communiqué. «Au moment où il allait être arrêté, il a fait feu sur les agents et a été blessé lors de la fusillade. Il a été acheminé vers un hôpital, mais a succombé à ses blessures», a ajouté le secrétariat, soulignant que quatre armes avaient été retrouvées dans la maison où le suspect se cachait.

Marielle Franco, qui était conseillère municipale de Rio, a été assassinée à l'age de 39 ans en mars 2018, sa voiture étant criblée de balles en plein centre-ville. Lesbienne, née dans une favela, elle était vue comme un symbole de la lutte des femmes noires brésiliennes contre le racisme et la violence policière et dénonçait souvent les exactions des milices paramilitaires qui sèment la terreur dans certains quartiers de Rio. Sa mort avait suscité une énorme émotion, non seulement au Brésil, mais dans le monde entier.

En septembre dernier, un jardin Marielle Franco a été inauguré en présence de membres de sa famille dans le Xe arrondissement de Paris, près de la gare de l'Est.

Deux suspects ont été arrêtés, tous deux ex-policiers militaires: Ronnie Lessa, 48 ans, tireur présumé, et Elcio de Queiroz, 46 ans, soupçonné d'avoir conduit le véhicule qui a pris en chasse celui de Marielle Franco. Les enquêteurs n'ont toujours pas identifié les commanditaires, mais les principaux soupçons portent sur le «Bureau du crime» (Escritorio do crime), une puissante milice para-militaire connue pour ses tueurs à gage, dont Adriano Magalhães da Nobrega était le chef présumé.

Ex-capitaine du Bope, bataillon d'élite de la police militaire de Rio, il avait reçu en 2005 la médaille Tiradentes, la plus haute décoration de l'Etat de Rio, récompense décernée à l'initiative de l'ex-député Flavio Bolsonaro, aujourd'hui sénateur, fils du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

Souvent composées d'anciens policiers, les milices ont fait leur apparition à Rio il y a une vingtaine d'années, avec des groupes armés censés soustraire la population des favelas au joug des trafiquants de drogue. Mais ces organisations paramilitaires ont fini par faire régner à leur tour la terreur dans ces quartiers populaires, telle une mafia réclamant de lourds tributs en échange d'une «protection».

Rédaction avec AFP