Affaires judiciaires

André Faivre condamné à 12 ans de prison

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L'homme de 71 ans, reconnu coupable en septembre 2018 de treize infractions pour des crimes sexuels sur des mineurs et pour de la distribution de pornographie juvénile, a été condamné à 12 ans de prison, le 5 février dernier, au palais de justice de Montréal pour son rôle comme tête pensante d’un réseau de pédophiles. Le délai d’un an entre le jugement et sentence s’explique semble-t-il par l’évaluation psycho-sexuelle qui devait être faite pour déterminer la peine à imposer.

L'homme de 71 ans a également été déclaré délinquant à contrôler. Il sera donc surveillé sur une période de 10 ans après sa libération. Rappelons que son procès, qui s’est déroulé en 2018, a réussi à prouver qu’André Faivre a dirigé pendant une dizaine d’années une plateforme en ligne qui permettait à des pédophiles de se parler secrètement et d’échanger entre eux du matériel de pornographie juvénile. 

Après avoir mis sur pied une plateforme en ligne de partage sécurisée de pornographie juvénile, Faivre a été piégé par un agent d'infiltration à qui il a donné des conseils pour pouvoir agresser des garçons.

Dans le cadre du «Projet Malaise», mené par la Sûreté du Québec, 14 autres hommes (âgés de 27 à 74 ans) ont été arrêtés en 2016. pour leur participation au groupe d'échange de pornographie juvénile. Cette enquête avait débuté en avril 2013 et a duré un peu plus de 2 ans. 

 « L’accusé (André Faivre) a agi comme un véritable mentor auprès de l’agent d’infiltration. Sur une période de plusieurs mois, il lui a donné des conseils afin qu’il puisse se placer dans une situation lui permettant d’exploiter la vulnérabilité de jeunes garçons. » — Juge Yvan Poulin

La procureure du ministère public, Cynthia Gyenizse considère que ce «verdict démontre l'efficacité d'un agent d'infiltration dans le milieu pédophile».

Le pédophile Faivre a été actif pendant une quarantaine d’années dans le mouvement scout et dans des foyers pour jeunes. C’est ainsi qu’il a rencontré trois jeunes garçons qu’il a agressés sexuellement, dans certains cas pendant plusieurs années.

Dans l’énoncé de la peine, le Juge Yvan Poulin a rappelé de le condamné «a profité de la vulnérabilité et de la fragilité de ces garçons habitant en famille ou en foyer d’accueil pour assouvir ses propres besoins sexuels en lien avec sa problématique de pédophilie.» 

« Une minorité sexuelle taboue » selon Faivre

L’homme qui se présentait comme « éducateur spécialisé » depuis les années 70, avait aussi milité au sein de la communauté gaie. À la fin des années 1980, il avait été coordonnateur de la Coalition des organismes gais et lesbiens du grand Montréal, avait été membre et président de l’association des motocyclistes gais du Québec, avait lancé une monnaie gaie et s’était impliqué à la fin des années 1990 dans la mise sur pied de la Brigade du Village. 

À quelques reprises, il avait exprimé considérer les pédophiles comme une minorité sexuelle et regrettait ouvertement « le malaise» envers les relations transgénérationnelles. Il avait mis sur pied au début des années 2010 un organisme sans but lucratif appelé «Les amis de toutes les minorités sexuelles» qui avait pour mission «d’offrir la même écoute attentive et respectueuse à toutes les minorités sexuelles taboues». Après son arrestation, l’organisme a été radié du registre des entreprises du Québec.