Pédophilie

Gabriel Matzneff évoque le soutien d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé dans les années 80

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Dans un article sur Gabriel Matzneff, sous le coup d'une enquête pour viols sur mineur, le New York Times évoque les personnalités qui l'ont soutenu par le passé dans un entretien publié mardi sur le site du journal et cite notamment Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ou l'ancien président Mitterand.

L'écrivain a été interrogé par le journal américain sur la Riviera italienne où il s'est réfugié depuis que l'affaire a éclaté.

L'article est publié alors que le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé qu'un «appel à témoins» serait lancé ce mardi pour retrouver des "victimes" dans le cadre de l'enquête ouverte pour viols sur mineur de moins de 15 ans le visant.

Le quotidien rappelle qu'avant sa mise à l'index, l'écrivain, âgé de 83 ans, avait été reçu à l’Élysée en 1984 par le président François Mitterrand, qu'il avait fréquenté Jean-Marie Le Pen ou encore qu'il avait bénéficié «des largesses» d'Yves Saint Laurent et de son compagnon Pierre Bergé. Le titre de l'article du New York Times est «un écrivain pédophile - et l'élite française - sur le banc des accusés».

Le quotidien américain affirme notamment que Gabriel Matzneff et Vanessa Springora alors adolescente se sont installés à l’hôtel et que les factures de ce dernier étaient réglées par la maison Yves Saint Laurent, le couturier décédé en 2008, dirigée par Pierre Bergé (photo), par l’entremise d’un de son proche collaborateur de l'époque, Christophe Girard. 

Matzneff affirme que ce dernier lui aurait dit, "Nous nous occupons de tout, les repas, tout. Pour nous, c’est une goutte d’eau, ce n’est rien, nous vous aimons beaucoup".

Le New York Times ajoute qu'en 2002, l’ancien collaborateur d’Yves Saint Laurent, devenu adjoint à la culture du maire de Paris, fit pression pour que Gabriel Matzneff obtienne une allocation annuelle à vie du Centre National du Livre.

«M. Matzneff n’a pas l’habitude de se cacher. Longtemps il a été célébré parce qu’il ne cachait rien, justement, ni sa chasse aux jeunes filles devant les collèges parisiens, ni ses rapports sexuels avec des garçons de huit ans aux Philippines», écrit le journal.

Interrogé par le journaliste du New York Times, Matzneff affirme se sentir «très, très seul». Il s'emporte contre ceux qui veulent le juger. «Qui sont-ils pour juger leurs semblables? Ces associations pour la vertu, comment couchent-elles, qu’est-ce qu’elles font au lit et avec qui couchent-elles, quels sont leurs désirs secrets et refoulés?», demande l'écrivain.

Une enquête avait été ouverte par le parquet le 3 janvier au lendemain de la parution du roman autobiographique «Le Consentement» dans lequel l'éditrice Vanessa Springora dénonçait sa relation sous emprise avec l'écrivain Gabriel Matzneff quand elle était mineure, dans les années 80.

Vanessa Springora a été la première à témoigner parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot essai.

Rédaction avec AFP