Israël

Les actes LGBTphobes ont augmenté du tiers l’an dernier

Yannick LeClerc
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D’après un rapport de l’organisme Aguda, les actes LGBTphobes en Israël ont connu une hausse de 36 % en 2019. Ils explosé sur Internet, mais aussi de la cellule familiale, à l’école... et au sein des institutions publiques.

The Times of Israel relève que «2?125 cas ont été enregistrés l’année dernière, soit un toutes les quatre heures ou presque », selon ce rapport annuel d’Aguda, un organisme LGBT+ installé à Tel Aviv depuis 1975. La majorité de ces actes dénoncés (60 %), se sont produits dans la région de Tel Aviv, qui accueille chaque année la plus grande Marche des fiertés du Moyen-Orient.

Si la majorité des incidents se sont produit en ligne et en particulier sur les réseaux sociaux, 29 % ont eu lieu au sein de la cellule familiale, 272 adolescents ayant été contraints de quitter leur domicile en raison d’un contexte LGBTphobe. En outre, 8 % des actes LGBTphobes en Israël ont eu lieu dans des espaces publics, 5 % dans des établissements scolaires et seulement 3 % sur le lieu de travail, la moitié des agresseurs étant des supérieurs hiérarchiques, l’autre moitié des collègues.

Selon le rapport de l’Aguda, 39 % des préjugés à l’égard des personnes LGBT+ émanent des services de l’État, et notamment de l’Autorité des postes frontaliers, de la population et de l’immigration (PIBA) qui s’occupe des dossiers de mariage et de filiation, des demandes de modification de la mention de sexe à l’état civil et des GPA à l’étranger. Des membres de l’Aguda et d’autres organisations LGBT+ ont rencontré récemment le responsable de la PIBA, «qui s’est dit prêt à agir sur cette question».

Le rapport montre aussi à quel points les actes LGBTphobes peuvent être provoqués par certaines actualités politiques. Ils ont ainsi augmenté, en ligne, de 58 % en août 2019 lorsque le ministre de l’Éducation Rafi Peretz, président du parti sioniste religieux Le Foyer juif, s’était déclaré favorable aux «thérapies de conversion» des homosexuels (avant de revenir sur ses propos) et lorsque le nouveau parti d’extrême droite Noam, favorable à un État halakhique, c’est-à-dire théocratique, avait lancé sa campagne électorale ouvertement anti-LGBT+. »


Source : The Times of Israel