Procès

Éric Salvail nie les allégations de Donald Duguay

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L’ancien producteur et animateur, qui est accusé d’agression sexuelle, séquestration et harcèlement sexuel, a qualifié de « farfelu » tout l’épisode d’agression sexuelle et de séquestration raconté par la présumée victime, Donald Duguay. 

Durant l’interrogatoire qui s’est déroulé le 19 février, l’accusé a répété à plusieurs reprises qu’il ne travaillait plus à Radio-Canada au moment où les gestes qu’on lui reproche auraient été posés dans une toilette de la Maison de Radio-Canada, soit le 29 octobre 1993. 

Éric Salvail affirme que « la première fois que j’ai pris connaissance de son nom (celui de Donald Duguay), c’est lorsque j’ai reçu le courriel de Me Rivard », soit lorsque la procureure de la Couronne lui a signifié que des plaintes avaient été portées contre lui. Tout au plus a-t-il dit que son visage lui disait quelque chose lorsque les policiers lui ont montré une photo. 

«Je n’ai aucun souvenir d’avoir côtoyé Donald Duguay à Radio-Canada. Quand on m’a présenté sa photo, son visage me disait quelque chose, mais je n’aurais pas pu l’associer à un emploi», dit Éric Salvail.        

«Je n’ai pas souvenir d’avoir fait des remarques sur les fesses de Donald Duguay, mais je ne l’exclus pas. Ça peut faire partie de mon humour. Je ne me souviens pas de l’avoir flirté», précise l’accusé.      

La Couronne demande à Éric Salvail s’il a souvent répété la phrase: «Tu as de belles fesses». «C’est quelque chose que j’ai pu dire, mais pas souvent ni en courant dans le corridor après quelqu’un», fait valoir l’ancien animateur.   

«Il y a une ligne à ne pas franchir entre des commentaires pour s’amuser et le harcèlement. J’ai toujours respecté la ligne», précise Éric Salvail à la Couronne. «Je ne pense pas que dans un bureau de comptables, les gens se disent tu as une nouvelle robe, ça te fait des beaux seins. Nous oui, ça peut arriver. On travaille avec les mêmes équipes, on devient proche. C’est de l’humour», se défend Salvail. «J’aime provoquer des malaises, ça m’est arrivé, mais ça s’arrête là. » 

« La ligne, pour moi, c’est intentionnellement ou en ayant l’idée de blesser, l’idée de faire peur, l’idée d’agresser?; ça n’a jamais été et fait partie de mes actions. » 

« Je n’ai pas pris les fesses de M. Duguay en avril, en mai ou en juin 1993. Je ne travaillais pas au courrier », a-t-il affirmé. Il a ajouté que celui-ci ne pouvait pas l’avoir formé au service du courrier en 1993 puisqu’il avait déjà travaillé dans ce service en 1991et qu’il savait comment les choses fonctionnaient. 

Il a également fait valoir qu’il était invraisemblable qu’il prenne de tels risques, alors qu’il commençait à peine sa carrière. 

La Couronne a questionné Éric Salvail sur sa publication Facebook dans la foulée des allégations de 2017. «C’était un tsunami dans ma vie à ce moment-là.» Il a ajouté avoir eu «l’aide d’une firme en gestion de crise afin d'écrire son texte» sur les médias sociaux.      

Éric Salvail dit s’être toujours couché le soir la tête tranquille en lien avec ses propos. «Mes propos ont toujours été dans l’humour, bon enfant. J’aime provoquer des malaises, ça s’arrête là», appuie-t-il.     

«Les gens m’ont déjà dit, ça suffit les jokes. Je m’arrêtais en disant ok. Je n’avais pas conscience que ça pouvait les blesser. Pour moi, il y a une ligne entre l’humour et ce qui est offensant pour quelqu’un.»    

«Je n’avais aucunement l’intention de blesser, d’offenser. Mes commentaires se voulaient drôles. Est-ce que c’était brillant de ma part ces jokes, pas toujours», indique Salvail en lien avec les allégations de 2017.   

Éric Salvail affirme avoir consulté un psychologue après la publication des allégations en 2017. «Je consulte encore», lâche-t-il. 

Tests polygraphiques  

La veille l’accusé avait expliqué en cours qu’il avait eu vent de la possibilité d'accusations contre lui en mai 2018. À ce moment, il a aussitôt contacté un avocat, Me Michel Massicotte, et aurait rencontré des policiers en septembre 2018.             

Éric Salvail a affirmé que dès qu’il a su qu’il ferait possiblement face à des accusations, il prend la décision d’aller passer des tests polygraphiques et a organisé une rencontre avec la police afin de donner sa version des faits. Salvail a affirmé avoir passé des tests polygraphiques les 9 et 10 octobre 2018. 

« J’ai perdu tout, professionnellement. Personnellement, c’est extrêmement difficile à vivre », a-t-il dit, expliquant qu’il avait commencé dès ce moment à consulter un psychologue, consultations qui se poursuivent à ce jour.