«Zone sans LGBT»

Embarras en France face aux jumelages de ville avec la Pologne

Isabelle Larivée
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Des villes et régions françaises ont été interpellées sur leurs liens avec des communes polonaises ayant pris des arrêtés homophobes.

Entre la Pologne et la France, les liens sont forts. La première est l’un des plus importants partenaires économiques de la seconde en Europe de l’Est. Mais depuis quelque temps, notamment avec le retour au pouvoir en 2015 du parti conservateur PiS (Droit et Justice) à Varsovie, la grande Histoire de la construction européenne trouve un écho dans les campagnes hexagonales. En cause la prise d’arrêtés dans des villes, districts ou régions de Pologne, instaurant des zones «sans idéologie LGBT». Lesquelles s’étendent de manière inquiétante.

Face à des arrêtés homophobes pris par plusieurs municipalités polonaises, des communes françaises ont annoncé la suspension de leur jumelage. C’est notamment le cas de Saint-Jean-de-Braye ou de Nogent-sur-Oise. D’autres ont découvert avec effroi, à la faveur de l’actualité, les décisions prises par leur partenaire européen. C’est notamment le cas des villes de Lambres-Lez-Douai (Stary S?cz) et de Douai (Pu?awy). Ces deux municipalités ont bien l’intention de faire entendre leur désapprobation, voire de mettre un terme à ces jumelages. Également concernée, la ville d’Estaire entend cependant poursuivre son jumelage: «Ce n’est pas quand c’est difficile que l’on s’en va. C’est par la valeur de l’exemple, la discussion qu’on va apporter, qu’on va réussir», a dit son maire à France 3. 

Plusieurs autres municipalités ont été interpellées, notamment après la publication en Pologne d’un article listant les jumelages et appelant chacun à contacter les élus concernés. Il prenait ainsi le relais d’une carte intitulée “Atlas de la haine” et qui recensait l’ensemble des entités administratives ayant pris des arrêtés. 

Résultat: des communes françaises ont reçu des alertes par message ou mail. C’est notamment le cas de la ville de Niort pour son jumelage avec Biala-Podlaska, et du département du Nord pour son partenariat avec la région de Lodz. La première a assuré que les échanges et la charte mis en en place en 1995 avaient été suspendus depuis juin 2015, «en raison des évolutions politiques». Même son de cloche pour le département du Nord qui a mis un terme à ce partenariat en 2015.

La ville de La Baule, en lien avec la ville de Nowy Sacz ayant pris un arrêté polémique, a expliqué qu’il s’agissait seulement d’un partenariat et non d’un jumelage, ajoutant par ailleurs que celui-ci n’était plus en vigueur et qu’il n’y avait plus d’échange.

Sur le site de La Baule, la commune polonaise est présentée comme “amie”. Le partenariat a été signé avec le précédent maire de Nowy Sacz, or c’est le nouvel édile, membre du parti PiS, qui a pris l’arrêté controversé. La commune française a indiqué qu’elle allait mettre son site internet à jour.