5 mars 2020

Les ballets Trockadero : À la pointe du plaisir

Denis-Daniel Boullé
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Les ballets Trockadero : À la pointe du plaisir

Depuis leur création en 1974, les maîtres de ballet des Trocks se sont inspirés des grands ballets classiques. Qui n’a jamais vu Gisèle et la scène finale de la mort du cygne, ou encore Le lac des cygnes ou Casses-Noisettes sur les musiques de Tchaïkovski ? En fait de fondre le public dans un univers connu en y apportant la touche des Trocks. Outre que les ballerines soient des hommes, il y a les petits décalages, les petites surprises qui ponctuent toutes les œuvres dansées reprises par la compagnie. 

L’humour vient de la mise à distance entre un répertoire connu de tous et toutes et le détournement des codes habituels de la danse classique, très formelle et rigide. Pour le spectacle présenté à Montréal, la programmation des extraits de ballet respecte la philosophie de cette compagnie iconoclaste et tellement attachante. On y retrouve bien sur l’acte II du Lac des cygnes (Acte chorégraphié à la création par Lev Ivanov, Marius Petipa, s'étant occupé du 1er et du 3e actes), avec le Prince amoureux du signe blanc qu’il finit par confondre avec le signe noir, la fille du méchant sorcier qui contrecarre les plans du Prince. Bien sûr le Prince par les Trocks ne semble pas tellement épris, et le sorcier en fait beaucoup. Quant au cygne blanc, disons qu’elle semble bien indécise dans ses choix amoureux. Un classique des classiques devenus hilarants sous les pointes des danseurs. 
 
 
Les ballets TrockaderoIl y a en danse classique des figures incontournables comme des passages obligés pour laisser la place aux ballerines de se mettre en valeur, comme des pas de quatre ou des pas de six. Les moments où elles arrivent sur scène sur pointe se tenant par les mains. Les Trocks reprennent le Grand pas de quatre d’après le chorégraphe Jules Perrot sur la musique de Cesare Pugni. Deux artistes du XIXe siècle qui ont donné par leur travail leurs lettres de noblesse. Disons que ceux-ci ont dû se retourner dans leur tombe quand les Trocks ont décidé de s’approprier leur création.
 
Puis, sur une musique de Charles Gounod, un ballet créé au Bolchoï et souvent repris par la grande institution russe, et chorégraphié par Leonid Lavrosky : La nuit de Walpurgis. Inspirée d'une fête néo-païenne encore fêtée dans les pays nordiques dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Une nuit revisitée par les Trocks comme il se doit. 
 
Enfin, une surprise sera dévoilée que le soir même lors du spectacle complètera ce passage envoutant et amusant de la troupe Trockadero, d'autant que petit.es et grand.es, indépendamment du genre et de l'orientation, y trouveront leur compte et surtout beaucoup de plaisir.  
 
Les Ballets Trockadero de Monte Carlo
Jeudi 5 mars 2020 à 20h. Théâtre Maisonneuve