Plaquons l’homophobie

Le plan de lutte contre l'homophobie du rugby français

Yannick LeClerc
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La Ligue nationale de rugby (LNR) a lancé une étude sur l'homophobie dans le rugby, dont les résultats ont été dévoilés jeudi à Paris. Elle est accompagnée d'un plan de sensibilisation baptisé "Plaquons l'homophobie" qui sera lancé dans 30 clubs avec l’objectif de toucher 1 500 joueurs, entraîneurs et présidents de club.

L'étude sur l'homophobie dans le rugby, réalisée avec le cabinet Olivier Wyman, et dont les résultats ont été dévoilés jeudi à Paris a été menée auprès de 360 joueuses et joueurs professionnels de rugby, mais également des jeunes des centres de formation.Le sondage révèle que les valeurs portées par la discipline ne permettent pas de parler librement d'homosexualité, selon 75 % des personnes interrogées.

À la question «pensez-vous qu’il soit facile d’être un joueur de rugby homosexuel ?» 87% des sondés ont sans surprise répondu «non»L'étude indique également que 67% des personnes interrogées utilisent des termes péjoratifs ou des insultes comme «enculé», «pédé» ou «gouine» pour «rigoler» avec leurs co-équipiers ou collègues. Des chiffres qui tranchent violemment avec un autre selon lequel pour 95% des personnes interrogées, le rugby est le sport qui symbolise le mieux le «vivre ensemble».

Concernant les lieux où les campagnes de sensibilisation et d'information seraient les plus utiles, les centres de formation sont jugés prioritaires pour 60 % des sondés devant les stades (40 %).

Pour améliorer la situation, un plan d'action va être émis en place dans les prochaines semaines par la LNR et le magazine Têtu auprès des clubs et de leur centre de formation. Des ateliers de sensibilisation, destinés à combattre les préjugés, les clichés et libérer la parole seront organisés. Une journée inclusive de championnat sera également organisée au mois de mai pour le TOP 14 et la PRO D2, et entièrement dédiée à la lutte contre l’homophobie.

La Ligue entend aussi promouvoir la charte de lutte contre l’homophobie du ministère des Sports, et mettre en place des partenariats avec des associations de rugby LGBT.